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La valise mexicaine de Robert Capa

L’exposition “The Mexicain Suitcase” expose des négatifs inedits de Robert Capa pris pendant la guerre d’Espagne. A voir a l’International Center of Photograhy jusqu’au 9 janvier 2011, puis en France en 2011.

On pensait tout connaitre du père du photojournalisme. A commencer par “The Falling Soldier”, célèbre photographie de la mort d’un combatant Républicain. Cette exposition, qui signe la fin d’une histoire rocambolesque, nous prouve le contraire. En effet, en janvier 2008, l’International Center of Photography de New York, annonce qu’une valise contenant 126 pellicules inédites de trois grands photojournalistes, Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour, dit Chim, a été découverte au Mexique. Les 4 500 negatifs sont rapatriés à New York à la fin de l’année 2007.

Présentés de manière chronologique a l’International Center of Photography, les tirages de Robert Capa, Gerda Taro et Chim, offrent plus qu’un apercu de la guerre d’Espagne mais retrace la progression des conflits armés, jusqu’à l’expansion du fascisme dans toutes les couches de la societé. Face à ces nouveaux documents, on comprend mieux le travail de Robert Capa. Entre mai 1936 et l’automne 1939, il couvre pour la presse francaise – Regards, Ce Soir et Vu – les rues madrièlenes détruites par les bombes nationalistes, la bataille de Teruel, celle du Rio Grande, et enfin les camps de refugiés du Sud de la France. Avec Capa, on embarque avec les soldats Républicains : on suit les assauts et l’avancée des troupes comme le déroulé d’un film de guerre. Ses grands angles melés à la poussiere de la campagne espagnole, évoquent une certaine dramatisation du conflit. L’ennemi nationaliste n’est jamais présent à l’image, il reste hors-champs. Seules les conséquences de sa presence sont photographiées. Mais surtout, Capa à cette capacité rare de rendre palpable l’attente des soldats. Dans les cages d’escaliers des immeubles détruits de Teruel, dans les rues dévastées de Madrid, derrière les murs des fermes du Rio Segre, les soldats guettent l’opposant fasciste.

Les reportages de Gerda Taro s’interessent davantage aux soldats eux-mêmes qu’ils soient vivants ou morts. Avec un sens aiguë de la composition, la photographe rend compte des entrainements paramilitaires des femmes soldats et des scènes de la vie quotidienne à Valence en 1937. Plaçant son appareil plus près des visages, elle temoigne des émotions d’une guerre accablante : surprise, fatigue, tristesse, douleur. Mais c’est à Chim que l’on doit les portraits les plus éloquents de la guerre d’Espagne. Ceux des soldats républicains à Berriatua en février 1937, celui d’une femme portant son enfant lors d’un rassemblement en Estremadura en mai 1936, mais aussi celui de Dolorès Ibárruri, dit « La Pasionaria », femme politique qui prononça le célèbre slogan «¡No pasarán!» (« Ils ne passeront pas ») en juillet 1936. On regrette cependant l’absence, dans la valise retrouvée, du négatif immortalisant un républicain espagnol fauché par une balle.

 

 

Informations pratiques

” The Mexican Suitcase ” – jusqu’au 9 janvier 2011 à l’International Center of Photography.

International Center of Photography

1133 Avenue of the Americas (sur la 6ème Avenue)
New York, NY 10036
Plein tarif  12$ – Etudiant  8$

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