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L’affaire Bettencourt inspire une pièce à Laurent Ruquier

Une vieille dame milliardaire trop généreuse avec un dandy qui l’amuse follement, une fille inquiète de voir son héritage dilapidé : toute ressemblance avec des personnages existants est volontaire au service de l’humour dans ” Parce que je la vole bien “, pièce de Laurent Ruquier très largement inspirée de l’affaire Bettencourt.

Jouée pour la première fois en public, à guichets fermés, samedi soir sur la scène du théâtre Saint-Georges, à Paris, la farce, dans la grande tradition du boulevard, surfe avec gourmandise sur les différentes étapes de l’affaire qui a défrayé la chronique et qui est toujours à l’instruction malgré le retrait de la plainte de la fille de Mme Bettencourt début décembre, et la réconciliation des parties.

Laurent Ruquier a décidé cet été de transformer l’affaire en comédie en grossissant à peine le trait. C’est la première fois qu’un fait-divers inspire une pièce ou un film aussi rapidement. Jean-Luc Moreau signe la mise en scène. Les noms des protagonistes ont été légèrement modifiés et le titre détourne le principal slogan publicitaire de L’Oréal (” Parce que je le vaux bien “).

Dès le lever de rideau, le ton est donné : Mariane Caquencourt, vieille dame riche, jouée par une Catherine Arditi irrésistible, reçoit son dandy préféré, un certain Jean-Florent Marnier, photographe de son état, interprété par Ariel Wizman, bien dans la situation. “Comment appelle-t-on la rente des pauvres ?”, demande la milliardaire. “Un salaire!”, lui répond l’homme de compagnie, cynique, flatteur et très intéressé.

Des libertés avec la réalité

Multipliant les jeux de mots parfois un peu faciles, Laurent Ruquier s’en donne à coeur joie avec des caricatures à l’emporte-pièce: une baignoire pleine de billets trône dans le salon et on s’essuie les pieds dans des bassines d’argent liquide. Les répliques sont inspirées par les vrais rebondissements de l’affaire. Les prises de becs entre le dandy, la fille de la vieille dame jouée par Armelle, son gendre et le majordome, sont savoureuses. Rien n’est oublié, ni l’île privée paradisiaque, ni le financement de la campagne électorale: la milliardaire hésite entre le facteur de Neuilly et le candidat de droite le mieux placé.

Quand elle décide de faire de son amuseur son légataire universel, la fille et le gendre portent plainte pour abus de faiblesse, mais la panique gagne réellement quand, fiction oblige, la milliardaire menace d’épouser ou d’adopter le prédateur. Autres libertés de l’auteur avec la réalité : le dandy fournit la vieille dame en cocaïne et devient l’amant du petit-fils.

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