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Lagardère pourrait céder plusieurs titres de presse

Le groupe Lagardère, numéro un mondial de la presse magazine, envisage de céder une partie de son empire, comme les déclinaisons du féminin Elle à l’étranger, et veut se recentrer sur le pôle français dont Denis Olivennes, nouveau patron d’Europe 1, prendrait les rênes.

Pour expliquer cette stratégie, la direction du groupe soulignait mercredi qu'”être leader mondial comporte trop de risques” et assurait que l’idée était “de se recentrer sur la France” où le groupe dispose “d’une taille critique”. “Il y a des discussions engagées, des marques d’intérêt de plusieurs acteurs de la presse magazine” internationale, ajoutait la direction. Des pourparlers ont été engagés le mois dernier avec des géants américain ou britannique comme les groupes Hearst et Bauer, notamment autour de Hachette Filipacchi Médias US et Elle International. “La presse magazine est un média mature, dont la crise publicitaire a montré que la taille était un facteur important de succès dans chaque pays”, a précisé Ramzi Khiroun, porte-parole deLagardère SCA. Mais pour M. Khiroun, “il n’y a rien d’imminent, aucun calendrier n’est fixé pour l’heure. Il s’agit de conversations informelles”. De plus, on précise chez Lagardère Active que “tout est possible: des partenariats, des joint-ventures, jusqu’à une cession”. Selon la Correspondance de la Presse qui a révélé mercredi les intentions du groupe, la branche magazine internationale du groupe “pèse” entre 700 et 800 millions d’euros avec 5.000 salariés.

Ces annonces arrivent au moment où le groupe Lagardère vient de recruter Denis Olivennes, jusqu’ici patron du Nouvel Obs, pour coiffer un nouvel ensemble constitué d’Europe 1, de Paris Match, du Journal du Dimanche et de Newsweb (sites internet du groupe). En créant un mini-groupe de médias grand public généraliste, ce redécoupage écorne d’autant le périmètre de Lagardère Active, présidé par Didier Quillot qui risque de voir son entité réduite encore par d’éventuelles cessions. “Cette volonté de céder l’international de la partie magazine du groupe pose des questions de trois ordres, industriel, managérial et financier”, analysait mercredi Philippe Bailly, directeur de NPA-Conseils, spécialisé dans le consulting médias. L’une des questions clé sera notamment le sort des 42 éditions étrangères de l’hebdomadaire féminin Elle. Même si la direction de Lagardère Active assure que “quelle que soit l’issue des discussions, le groupe tient à garder le contrôle éditorial sur le magazine Elle”. Quoi qu’il en soit, les récents résultats du groupe pousse ce dernier à redéfinir son périmètre. Ainsi en 2010, pour sa seule activité médias, Lagardère table sur un recul de l’ordre de 5% de son résultat opérationnel. En 2009 le pôle média avait essuyé une perte nette de 389 millions d’euros presque six fois plus qu’en 2008. Mercredi, l’effet d’annonce de Lagardère a conforté le titre en Bourse qui a gagné presque 6% en séance (30,10 euros). “Si Lagardère entend se désengager, il ne le fera pas à n’importe quel prix, car il n’est pas question d’inscrire des moins values dans les comptes”, a indiqué un manager du groupe sous couvert de l’anonymat. “A moins qu’il ne s’agisse que d’un message destiné aux marchés”. Selon des analystes financiers, il faut en effet relativiser les annonces de Lagardère, pas toujours suivies d’effets: “Arnaud Lagardère n’avait-il pas annoncé qu’il se désengagerait des sociétés dont il n’a pas le contrôle, or il n’est toujours pas sorti du Parisien, ni du groupe Marie Claire, où il est minoritaire”.

 

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