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L’AJ Auxerre cherche la classe américaine

L’AJ Auxerre, club de football bourguignon, vient de signer un accord de partenariat avec le centre de formation du Colorado Rush, dont le siège est situé à Denver. Un contrat rendu possible grâce à l’ancien président de l’AS Monaco, Jérôme de Bontin, membre du conseil d’administration de Rush et membre du comité technique à la fédération américaine de soccer.

Quatre ou cinq joueurs de talents. C’est le ratio de jeunes footballeurs du club de Rush, une structure nationale de formation aux États-Unis, qui iront chaque année effectuer un stage sur les terrains d’entraînement de l’AJ Auxerre. « Si cet accord a été rendu possible, c’est essentiellement grâce à Jérôme de Bontin qui noue d’étroites relations avec les dirigeants d’Auxerre », explique Tim Schulz, président du Rush. Conscient de la qualité de formation du club bourguignon (nombre de joueurs talentueux en sont sortis, Eric Cantona notamment), il pense que, pour ses jeunes pousses qui rêvent de football européen, « l’AJA est le club rêvé pour percer. » Et il ajoute qu’il « leur enverra le plus de bons joueurs possibles, pour que le club français les prenne sous ses ailes. » Rush compte 35 000 licenciés et 20 clubs satellites à travers tout le pays, même jusqu’en Alaska.

Entretien avec Jérôme de Bontin, qui prédit des changements de mentalité des clubs européens qui importent encore peu de talents américains (une quarantaine cette saison).

France-Amérique : Vous êtes l’intermédiaire dans cet accord de partenariat entre le club de Rush et l’AJA. Comment tout ceci s’est-il articulé ?

Jérôme de Bontin : Je connais très bien les deux clubs, aussi bien l’AJ Auxerre que le club de Rush, qui est certainement le club le plus dynamique et le mieux organisé en terme de formation des jeunes. J’ai toujours voulu m’impliquer dans un club modèle de ce genre. Et lorsque je suis entré dans le conseil d’administration de Rush, j’ai tout de suite envisagé de développer une alliance avec un club hexagonal. Car il faut savoir que les enfants qui jouent au football ici voient principalement l’opportunité d’obtenir une bourse d’université. Là, cela va un tout petit peu changer…

Quels sont les intérêts de cet accord ?

Rush, qui n’a pas l’expertise et le niveau de formation des principaux clubs européens, souhaitait depuis longtemps développer une relation soit avec une fédération soit avec un club. Dans le but d’ouvrir des débouchés à leurs meilleurs joueurs, mais aussi à long terme de permettre aux entraîneurs et aux cadres de Rush de s’imprégner du savoir-faire français en matière de formation. Pour l’AJ Auxerre, il y a également une double démarche. Tout d’abord celle du branding, de faire parler du club et de sa qualité de formation à l’étranger et notamment aux États-Unis. Concrètement, 35 000 enfants vont maintenant porter sur leur maillot l’égide de l’AJA, et sur l’ensemble des compétitions nationales, les équipes seront appelées « Rush-AJA ». Ensuite, il y a bien sûr le fait de développer un réseau de recrutement aux États-Unis, et d’avoir l’opportunité d’accueillir en France les joueurs américains les plus prometteurs des prochaines années. Donc, ce sera très clairement bénéfique aussi bien pour les Français que pour les Américains.

Pensez-vous, comme Frédéric Thiriez, le président de la ligue française, que le continent nord-américain est une terre d’avenir pour le football mondial ?
C’ est ce que je répéte depuis plusieurs années et je l’ai encouragé à faire venir des équipes françaises ici, au même titre que les autres pays européens qui envoient le FC Barcelone, Manchester United ou l’Inter Milan faire des tournées de matchs amicaux. Le public américain y est d’ailleurs très réceptif et l’engouement est de plus en plus présent. Même lorsqu’il s’agit de suivre les championnats européens à la télévision. Ensuite en termes de qualité de football, j’ai la conviction que ce pays où on appelle le football « soccer » est bien l’avenir du ballon rond. La pyramide est telle que l’Amérique finira par gagner. C’est le pays qui a le plus de licenciés au monde et il y existe, par la force des choses, un nombre d’athlètes ahurissant et un vivier impressionnant de joueurs. Ce qui manque aux clubs américains et à l’équipe nationale, c’est simplement un encadrement technique digne de ceux qui officient dans les plus grands clubs d’Europe.

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