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Lance Armstrong, ex-champion déchu, a reconnu s’être dopé

Lance Armstrong, déchu à l’automne de ses sept titres au Tour de France, a reconnu s’être dopé dans une interview accordée à la présentatrice américaine Oprah Winfrey dans laquelle il a, selon elle, répondu aux questions que “les gens se posent à travers le monde”.

L’ancien cycliste a reconnu avoir eu recours au dopage, selon une source proche du dossier, lors de cet entretien enregistré lundi dans un hôtel à Austin (Texas), mettant fin à plus d’une décennie de démentis. “Les questions les plus importantes que les gens se posent à travers le monde ont été posées et des réponses y ont été apportées”, a déclaré mardi Oprah Winfrey, tout en restant évasive sur la teneur des propos d’Armstrong. Je l’ai trouvé réfléchi, sérieux. Je pense qu’il s’était bien préparé pour ce moment”, a-t-elle ajouté, affirmant être “satisfaite” du résultat.

Le face à face de deux heures et demie sera diffusé en deux parties jeudi et vendredi sur la chaîne de Winfrey, OWN, et son site internet (www.oprah.com).

Il s’agissait de la première interview du Texan de 41 ans depuis qu’il a été officiellement déchu en octobre 2012 de ses sept victoires consécutives sur le Tour de France (1999-2005) et radié à vie après que l’Agence américaine antidopage (Usada) l’eut accusé d’avoir activement participé au “programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport”.

La commission indépendante critiquée

Comme l’Agence mondiale antidopage (Ama) l’a souligné mardi, les autorités antidopage sont désormais impatientes d’entendre l’Américain entrer dans les détails de son système, ce qu’il n’a probablement pas fait avec “Oprah”. C’est à ce prix qu’il pourra espérer obtenir une révision de sa suspension à vie du sport de compétition.

L’Union cycliste internationale (UCI) a elle indiqué qu’elle “encouragerait fortement” le Texan à témoigner devant la Commission indépendante enquêtant sur les allégations portées à son encontre dans le cadre de l’affaire Armstrong. Dans son accablant rapport contre Armstrong, l’Usada a laissé entendre que l’UCI avait couvert les agissements de l’Américain, ce dont elle se défend.

La question de la commission indépendante a rebondi mardi quand l’Ama et l’Usada ont vertement critiqué son cadre de fonctionnement, notamment l’absence d’un programme d’amnistie pour les volontaires qui passerait aux aveux.

Yeux bandés et menottes

Le président de l’Usada Travis Tygart a pointé l’UCI du doigt en expliquant: “le refus de l’UCI d’offrir la possibilité pour une durée limitée aux coureurs de dire la vérité (devant la commission indépendante) sans peur des conséquences force à se demander si l’UCI n’a pas bandé les yeux et mis des menottes à la commission afin de décider à l’avance du résultat final.”

L’UCI paraît fragilisée. D’autant que, selon le New York Times, Armstrong serait prêt à témoigner contre le Néerlandais Hein Verbruggen, président de l’institution de 1991 à 2005, et l’Irlandais Pat McQuaid, son successeur. Les aveux de celui qui fut pendant sept ans l’impitoyable patron du peloton pourraient avoir des ramifications judiciaires et des implications financières.

Si une source proche du dossier estime qu’Armstrong ne court “aucun risque de poursuites pénales” de la part du gouvernement américain, la possibilité existe que le Ministère de la Justice engage des poursuites au civil.

Le ministère de la Justice a jusqu’à jeudi pour se joindre à une plainte, déposée en 2010 par l’ancien coéquipier d’Armstrong Floyd Landis, dans le but de récupérer l’argent public que l’US Postal (la poste américaine) a versé à la formation cycliste éponyme.

Cette somme tournerait autour des 30 millions de dollars (22,5 M EUR) et le gouvernement peut prétendre récupérer trois fois ce montant. Mais pour un expert, il est “plus que probable” que Lance Armstrong a conclu un accord à l’amiable avec le gouvernement avant de passer aux aveux.

 

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