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L’après Xynthia : état des lieux et des digues

Les recherches se sont poursuivies lundi dans les zones dévastées par la tempête Xynthia qui a fait au moins 51 morts et 8 disparus en France, l’ampleur de la catastrophe posant une nouvelle fois la question des règles de construction en zone inondable.

 

En visite sur le terrain, le chef de l’Etat a appelé à “faire de toute urgence la lumière sur ce drame inacceptable et incompréhensible” et promis d’engager la réflexion “sur le plan de l’urbanisme pour qu’une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus”.

Mais, pour l’instant, “l’urgence c’est d’entourer les familles qui ont des disparus et des morts”, a-t-il affirmé avant d’annoncer le déblocage de 3 millions d’euros pour les victimes.

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charente, a demandé la mise en place en urgence d’un plan “mobile home” pour loger rapidement les sinistrés.

Sur le littoral vendéen, les secours ont continué d’explorer les maisons toujours submergées. Un total de 27 corps ont été retrouvés sur le secteur de La-Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer, les communes les plus touchées par les inondations. Une messe sera célébrée dimanche à Notre-Dame de Paris pour les victimes de la tempête.

En Charente-Maritime, le corps d’une petite fille portée disparue dans la commune de Charron a été découvert dans la soirée, portant à 12 le nombre de morts dénombrés dans le département.

Les secours n’y excluent pas la découverte de nouveaux corps mardi avec le début des travaux de pompage dans ce département.

“Ce qui s’est produit notamment en Vendée, c’est une conjonction extraordinairement rare, pour ne pas dire exceptionnelle de grande marée, de dépression, de la tempête elle-même et le fait que cela s’est produit la nuit”, a souligné le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux.

Mais les voix s’élèvent pour dénoncer les permis de construire accordés dans les zones côtières. “Il faut être raisonnable et construire à des distances plus importantes” de la mer, a ainsi déclaré le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers.

La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a souligné qu’il fallait “durcir les règles” de construction dans les zones inondables et derrière les digues, en dépit des éventuelles pressions subies.

Une étude présentée en octobre 2008 par la DDE de Vendée affirmait ainsi que la commune de la Faute-sur-Mer avait été construite “sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque”. Cette étude avertissait que “la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine, pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant”.

A l’heure des premiers bilans, un “plan spécial” a été annoncé lundi pour les ostréiculteurs qui ont subi des dégâts considérables entre l’île d’Oléron (Charente-maritime) et l’île de Noirmoutier (Vendée).

Le principal syndicat agricole, la FNSEA, prédit aussi d’”énormes pertes” pour les agriculteurs alors que les rafales de vent ont atteints 150 km dans la nuit de samedi à dimanche.

La moitié des salines de Guérande (Loire-Atlantique) restent inondées après la rupture d’une grande digue. Des travaux de colmatage sont en cours en prévision des grandes marées attendues jusqu’à mercredi.

En Charente-Maritime, les autorités estiment le coût de réparation des digues à 20 millions d’euros en travaux d’urgence et les travaux de renforcements à 115 millions d’euros.

Dans les Côtes d’Armor, une vingtaine de communes, parfois éloignées de la mer, envisagent de demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Les stations de sport d’hiver pyrénéennes de Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées, qui ont subi des dégâts au passage de la tempête, rouvriront pour la plupart mardi à l’exception de Hautacam

 

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