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L’armée américaine achète français

Un des leaders mondiaux des vêtements de protection et de sécurité, Paul Boyé Technologies a décroché début mars un contrat historique auprès du Pentagone. Avec deux groupes américains – Tennessee Apparel Corp et Creative Apparel Associates – l’entreprise nationale fournira d’ici 2017 des tenues de protection NBC (Nucléaire, Biologique, Chimique) à l’US Army, pour un montant de 129 millions de dollars (96 millions d’euros). Installée au Vernet en Haute-Garonne, la PME possède quatre sites de production en France et emploie 201 personnes pour un chiffre d’affaires de 63 millions d’euros, dont 62% sont réalisés pour la Défense-Sécurité. Président de Paul Boyé Technologies, Jacques Boyé revient pour France-Amérique sur ce nouveau contrat américain.

France-Amérique : Comment êtes-vous parvenu à remporter ce contrat auprès du Pentagone ?

Jacques Boyé : Ce contrat vient concrétiser les efforts déployés aux Etats-Unis depuis 5 ans avec notamment la création en 2008 d’une filiale, Paul Boyé Incorporated, et un travail soutenu et continu des ingénieurs de notre division recherche et développement.

Le marché américain de la défense est réputé fermé aux entreprises étrangères. Qu’est ce qui a fait la différence avec vos concurrents ?

A partir du moment où les produits sont innovants, compétitifs et que nous respectons les règles du jeu américain qui prévoient de favoriser la production sur le territoire des Etats-Unis, on peut réussir. Nous n’avons fait aucun lobbying. Nous avons agi seuls, avec nos moyens propres depuis la France et avec notre filiale américaine. Notre expérience et nos produits sont déjà reconnus dans le monde. Nous faisons déjà plus de la moitié de notre chiffre d’affaires à l’exportation avec des clients sur tous les continents dont l’Europe (Scandinavie), l’Asie (Singapour) et le Moyen-Orient (Pays du Golfe, Arabie Saoudite).

Quelles sont vos perspectives aux Etats-Unis ?

Le marché américain est probablement à lui tout seul aussi important que la somme de tous les marchés du monde dans ce domaine bien particulier. Cela tient aussi à l’organisation de la défense et de la sécurité qui se trouvent réunis dans cette gigantesque organisation qu’est le Homeland Security. Nous allons maintenant travailler pour pénétrer les marchés de la sécurité civile aux Etats-Unis. Enfin, ce marché sera très certainement un tremplin vers d’autres pays, le choix des Américains étant souvent considéré par de nombreux pays comme une recommandation dans le domaine militaire.

Votre entreprise reste aussi très attachée à sa région d’origine…

Mon grand-père est né en 1879 à Porté Puymorens, un petit village des Pyrénées Orientales. Ayant appris le métier de tailleur, il crée en 1904 un atelier à Sète. En 1914, il est mobilisé. Son atelier, alors réquisitionné par l’intendance militaire pour fabriquer la tenue Bleu Horizon des combattants de la première guerre mondiale, sera dirigé par ma grand-mère durant tout le conflit. La dimension industrielle de la société a été impulsée par mon père, Paul Boyé, qui s’est spécialisé dans la fabrication d’uniformes et de vêtements administratifs et militaires au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

C’est donc une histoire de famille ?

Oui, avec mes frères nous avons rejoint l’entreprise dans les années 1970 et nous avons eu la chance de pouvoir travailler avec mon père pendant 15 ans avant qu’il ne prenne sa retraite, à 89 ans. A partir des années 1980, contraints par la concurrence mondiale dans les marchés publics, nous nous sommes lancés dans le marché d’exportation avec des produits innovants créés par notre équipe de recherche et développement. Aujourd’hui, notre siège social, basé près de Toulouse en France, centralise l’ensemble des activités stratégiques du groupe. Les produits techniques et technologiques sont d’ailleurs assemblés dans nos deux usines françaises.

 

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