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L’art de planter le décor

Nathalie Karg, une paysagiste française de New York, propose une collection d’objets fonctionnels pour le jardin, créés par des artistes contemporains. On peut en admirer une sélection dans les Hamptons, à la galerie The Fireplace Project.

C’était presque devenu une rengaine… Chaque fois que Nathalie Karg terminait un chantier, ses clients lui proposaient de le « meubler ». « Je suis paysagiste pas designer », plaisante-t-elle. « J’ai regardé ce qui était proposé comme mobilier d’extérieur pour les jardins… mais à part la fameuse table en tek je ne voyais pas grand chose d’excitant. »

La jeune femme qui a également des entrées dans le monde de l’art – elle a organisé des expositions privées par le passé, fait une maîtrise sur le sculpteur roumain Constantin Brancusi et est marié à Anton Kern, propriétaire d’une galerie

à Chelsea – décide alors de contacter des artistes avec un cahier des charges très simple : créer des objets fonctionnels pour les jardins sans thème imposé. « Ce ne sont ni des designers ni des architectes », insiste-t-elle. « Ce sont des artistes contemporains. Tous ceux que j’ai contactés ont répondu favorablement… », se souvient Nathalie Karg. « Ils étaient heureux de participer à ce projet, qui leur permettait d’ouvrir une nouvelle porte de leur imagination ». Le concept de Cumulus studio est ainsi lancé en 2008.

Une quinzaine d’artistes proposent donc à Nathalie des objets : une chaise longue par Andrea Blum (Flip Lounge), une table basse par Liam Gillick, un pneu balançoire par Aaron Young, une table et son tabouret par Rob Wynne (Mushrooms)… En contrepartie, elle s’occupe de la production, unique ou en série.

« Ces objets sont en bois, en métal ou en verre. Il a donc fallu faire appel à des artisans et des sites chaque fois différents… Et c’est un casse-tête. Les coûts étaient vraiment exhorbitants pour une expertise souvent moyenne. Et le contexteéco

nomique n’est pas très facile », commente-t-elle. « Les Mushrooms, par exemple,  ont été faits dans une des meilleures fonderies des États-Unis », explique-t-elle. « Mais la table de ping-pong (ndlr, de Rirkrit Tiravanija) a été fabriquée en Allemagne. Les fabricants américains m’avaient fait des estimations de dingue… ».

La table de ping-pong (miroir poli en acier inoxydable) est d’ailleurs une des stars de la collection dont un exemplaire trône dans le lounge du très huppé club de ping-pong Spin New York dont un des membres fondateurs est l’actrice américaine Susan Sarandon.

L’argent que rapporteront les ventes de cette première collection serviront à financer la deuxième, que Nathalie Karg est en train de monter, et qui devrait être visible à l’automne. Cette fois-ci des thèmes devraient être imposés.

Elle cherche également une solution pour être présente à la prochaine édition de Art Basel de Miami. « Mais franchement payer 45 000 dollars pour un espace design situé en interieur… dans un décor froid et silencieux… J’essaye en fait de trouver un site qui fait partie du circuit mais en extérieur… quelque chose de spécial ».

New-Yorkaise depuis plus de douze ans, Nathalie Karg, très à l’aise dans la peau d’une citadine, avoue s’épanouir à la campagne. Après un court passage dans le monde de l’art, elle a repris au jardin botanique du Bronx, les études de paysagistes qu’elle avait laissées tomber en France. « Le milieu de l’art a beaucoup changé », regrette-t-elle. « C’est devenu avant tout un moyen de faire de l’argent. Cet aspect vénal ne m’intéresse pas ».

Ce qui l’intéresse, c’est de dessiner des jardins aux lignes claires, modernes et pures avec des plantes des quatre saisons. Et d’inclure, peut-être, pour compléter le tableau, une œuvre d’art sur laquelle on puisse s’assoir ou se balancer…

Jusqu’au 5 octobre
The Fireplace projet
851 Springs Fireplace Road
East Hampton, NY 11937
www.thefireplaceproject.com

 

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