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« L’Assemblée des Français de l’Étranger a un rôle relativement restreint »

Le 7 juin 2009 avaient lieu les élections des 11 représentants des Français de l’Étranger aux États-Unis. Six d’entre eux viennent de vivre la première année de leur premier mandat, à l’écoute de leurs compatriotes expatriés. Ils font le bilan avec France-Amérique. Aujourd’hui Richard Ortoli, élu dans la circonscription de Washington, où les résultats du scrutin viennent d’être annulés par le Conseil d’État. Il se représente le 24 octobre sur la liste L’Union au Centre.

Que pensez-vous de la décision du Conseil d’État d’annuler le résultat des élections de l’AFE dans votre circonscription ?

J’étais un peu surpris. Je pensais que le nombre de votes par correspondance annulés ne changerait pas grand chose au résultat sachant que ces votes se seraient sans doute répartis entre tous les candidats. C’est quand même dommage quand on pense au coût de l’organisation de ces élections, et au fait que les consulats vont devoir mobiliser du personnel déjà surchargé.

Les  nouvelles élections auront lieu le 24 octobre. Des choses vont changer pour cette campagne ?

Nous allons lancer la campagne en septembre. Trois des personnes sur ma liste ne se représenteront pas mais le fond de la campagne ne sera pas différent de l’année dernière. Par contre, j’ai maintenant une expérience pratique de plus d’un an du fonctionnement de l’AFE, de ce qu’elle peut faire et de ce que moi, élu, je peux faire.

Quelles constatations avez-vous faites concernant l’AFE et les élus après cette première année de mandat ?

L’AFE représente une charge de travail colossale. Sur le terrain, nous traitons de sujets pratiques, comme des problèmes d’impôts, de bourses scolaires, de prise en charge, de passeports, etc. Les gens appellent lorsqu’ils ont besoin d’aide, comme par exemple cette maman dans le Maryland dont la fille n’a pas pu intégrer une classe bilingue dans une école publique…

Sinon, j’ai pu constater que l’assemblée a un rôle relativement restreint, voire ambigu. C’est une assemblée élue mais en même temps elle dépend de l’exécutif puisque son président est le ministre des Affaires étrangères. Nous sommes sous sa tutelle. Et c’est le personnel du ministère des Affaires étrangères qui doit agir pour résoudre les problèmes que nous traitons – éducation, administration, etc… C’est un peu faussé. Il serait logique que nous dépendions du Premier ministre. Le fait que l’AFE soit aussi un collège électoral, puisque nous élisons les douze sénateurs de l’étranger, nous permet au moins d’avoir accès à une scène plus importante.

Un grand débat divise l’AFE : la prise en charge des frais de scolarité dans les lycées français de l’étranger. Soutenez-vous cette mesure ?

Oui et non. Dans le principe oui. Cela permet d’aider des parents qui sont en bout de course. Franchement, je préfère faire profiter de cette mesure ceux qui en ont besoin plutôt que de l’éliminer pour éviter que tous en bénéficient. 
Le problème, c’est que cela revient finalement à financer un nombre restreint d’élèves.  L’idéal serait de soutenir davantage les classes d’immersion dans le système public américain, au bénéfice d’un plus grand nombre d’élèves. On pourrait très bien imaginer un soutien avec une partie du budget de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) qui serait allouée à ce genre d’initiative. Il me semble qu’avec moins d’argent, on toucherait plus d’enfants. Ce genre de projet coûte vraiment très peu à la France… La plupart des frais sont à la charge du département d’éducation local.

Vous ne serez pas présent à l’assemblée plénière de l’AFE en septembre ?

Non. Une fois que la décision d’annulation du Conseil d’État est notifiée aux élus, leurs sièges deviennent vacants. Je ne suis même pas considéré comme un candidat sortant… C’est comme si l’élection de l’an dernier n’avait pas eu lieu.

Pour la première fois, des députés de l’étranger seront élus en 2012. Serez-vous candidat ?

Non. Une campagne d’élections législatives, ça demande énormément d’investissement en temps et en argent. Pour cela, il faudrait que j’ai toute la machine d’un parti derrière moi. Et ce n’est pas le cas.

www.assemblee-afe.fr

Précisions

Précisions  de M. Ortoli  qui  souhaite compléter  ainsi sa réponse à  la question :  ‘Un grand débat divise l’AFE : la prise en charge des frais de scolarité dans les lycées français de l’étranger. Soutenez-vous cette mesure ?’

“Plutôt que d’éliminer intégralement la prise en charge, comme le veulent certains pour que personne n’en profite, l’idéal serait de faire profiter de cette mesure les parents et les enfants qui en ont le plus besoin.  Je me rends compte cependant qu’il est difficile d’imposer des critères de revenus car cela reviendrait à créer un nouveau système de bourses scolaires, ce qui n’était pas le but de la prise en charge.  De plus, la politique budgétaire étant ce qu’elle est, l’élimination de la prise en charge ne garantirait pas que la même somme qui y est attribuée sera allouée aux programmes bilingues dans les écoles publiques américaines ou aux bourses. Par conséquent je préfère garder la prise en charge telle qu’elle est. “

 

 

 

 

 

 

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