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Laurent Fabius appelle à plus d’aide humanitaire en Syrie

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a tenu une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi sur la Syrie. Appelant à augmenter l’aide humanitaire dans le pays en crise, il a annoncé que la France investirait 5 millions d’euros supplémentaires.

La France étant présidente du Conseil de Sécurité de l’ONU durant tout le mois d’août, Laurent Fabius en a profité pour convoquer une réunion sur la Syrie. Le ministre français des Affaires étrangères a fait l’aller-retour à New York ce jeudi avec l’intention de “témoigner et réagir”. D’emblée il a affirmé que le but de la réunion ce 30 août n’était “pas de décider d’une résolution”, soulignant d’ailleurs que le Conseil de Sécurité n’a pas encore agi. “C’est le Conseil de Sécurité des Nations Unies et il n’a assuré ni sécurité ni unité”, s’est plu à répéter le ministre.

Néanmoins, il n’était pas question à Manhattan d’approche politique. Le Conseil de sécurité était réuni pour aborder la question de l’aide humanitaire. “Ce n’est pas parce que le Conseil n’a pas rempli son rôle qu’il faut l’abandonner, ce serait un aveu d’échec”, a noté Laurent Fabius après la réunion, auprès de la presse française. “Il faut simplement le saisir sur d’autres questions, comme celle des réfugiés.”

20 millions d’euros investis par la France

Ainsi, en duo avec le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague, il a annoncé lors d’une conférence de presse avant la réunion une aide humanitaire supplémentaire de 5 millions d’euros au nom de la France, “ce qui portera à 20 millions l’investissement français”. De retour d’un voyage en Syrie, le ministre a également raconté sa rencontre avec la population locale dans les camps et avec les médecins syriens qui soignent clandestinement les blessés. “Nous voulons adresser un message clair au peuple syrien : Bachar Al-Assad (le président syrien, ndlr) va tomber, mais nous, nous ne vous laisserons pas tomber”, a-t-il avancé, ajoutant qu’ “il faut que le peuple syrien sache qu’il y a des nations derrière lui.”

Au-delà des quinze membres du Conseil, plusieurs pays voisins de la Syrie étaient invités à la réunion. Des représentants de l’Irak, la Jordanie et le Liban se sont exprimés par exemple. Le ministre des Affaires étrangères turc a regretté que le peuple ne soit pas protégé et a évoqué l'”afflux” de réfugiés en Turquie, “qui n’a plus de capacité d’accueil” : “bientôt l’école va reprendre et on va devoir évacuer les établissements scolaires et gymnases qui servent de dortoirs en ce moment.”

“Nous préparons le day after

Contournant la question épineuse de potentielles zones tampon dans la région, Laurent Fabius a simplement avoué “n’écarter aucune solution”. Appelant à toujours plus d’investissements, il a annoncé avec William Hague une prochaine réunion pour “examiner le financement des agences de l’ONU en Syrie” et a exprimé son désir que soit appliqué l’accord conclu entre la Syrie et les Nations Unies en mai sur la mise en œuvre de l’aide humanitaire.

Interpellant à plusieurs reprises le représentant de Damas, il a qualifié le président syrien de “criminel” et d'”assassin” qui ne “restera pas impuni”. Le ministre a réaffirmé le soutien de la France, annoncé par le président Hollande, à un éventuel gouvernement de transition, qui serait constitué par l’opposition. “Nous préparons le day after, l’après Bachar”, a commenté Laurent Fabius. Parlant d'”obligation morale” et de “devoir de solidarité”, le Français a indiqué “vouloir mettre tous les pays devant leurs responsabilités”. “Personne ne pourra dire ensuite qu’il ne savait pas”, a-t-il martelé.

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