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Laurent Fabius nommé ministre des Affaires étrangères

Nommé mercredi ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Ayrault, Laurent Fabius, 65 ans, qui a occupé de nombreux portefeuilles dont Matignon, est l’homme du “non” au référendum constitutionnel de 2005.

Il a représenté François Hollande dans des déplacements internationaux, notamment en Israël, dans les territoires Palestiniens, au Japon ou encore en Chine. Dans ce dernier pays, il avait dû écourter sa visite après n’avoir été reçu par aucun haut dirigeant.

Doyen du gouvernement, Laurent Fabius est aussi l’homme qui a préparé pour le candidat PS les “100 premiers jours” de la mandature, un travail qu’il a accepté en dépit des relations longtemps détestables entre les deux hommes. Il prolongeait ainsi le travail que la première secrétaire du PS Martine Aubry l’avait chargé de réaliser dès le printemps 2011.

Le député de Seine-Maritime avait été isolé après son soutien au “non” au référendum constitutionnel en 2005 et son échec cuisant à la primaire interne au PS en 2006, qui avait désigné Ségolène Royal candidate à la présidentielle de 2007. Lors du Congrès de Reims, en 2008, il passe un pacte avec certains strauss-kahniens, Martine Aubry et Benoît Hamon, qui lui permet de se recentrer dans le parti.

Né le 20 août 1946 à Paris, normalien, agrégé de lettres et énarque, ce fin orateur prend sa carte du PS en 1974 et devient très vite l’un des principaux collaborateurs du premier secrétaire François Mitterrand.

Elu en 1978 député du Grand-Quevilly, dans la banlieue de Rouen, à gauche depuis le Front populaire, Laurent Fabius va s’y enraciner, réélu plusieurs fois dans sa circonscription (1978-1981, 1986 à 2000 et depuis 2002).

Il est nommé ministre du Budget dès la victoire de son mentor à la présidentielle de 1981 (il est l’un des pères de l’impôt sur les grandes fortunes), puis ministre de l’Industrie et de la Recherche en 1983. Il poursuit son ascension en devenant, en juillet 1984 à 37 ans, le plus jeune Premier ministre de France, succédant à Pierre Mauroy, alors que la gauche est en pleine tourmente avec la crise de l’école privée, imprimant alors un style “moderne” à sa gestion.

A Matignon, où il restera jusqu’à la défaite aux législatives de 1986, il devra faire face à la tempête déclenchée par l’affaire du Rainbow Warrior, qui se soldera par le limogeage du ministre de la Défense, Charles Hernu.

Le procès du sang contaminé (sur la distribution à partir de 1985 par le Centre national de transfusion sanguine de lots contaminés par le virus VIH) aura mis sa carrière entre parenthèses. Sa relaxe en 1999 permet son retour au premier plan.

Il échoue à prendre la tête du PS après 1986. Il devient président de l’Assemblée nationale (1988-1992, puis 1997-2000), et rejoint le gouvernement Jospin en 2000 au puissant portefeuille de l’Economie et des Finances.

Après la victoire du “non” au référendum constitutionnel en 2005 – dont il ne tirera pas grand bénéfice politiquement – il sera exclu de la direction du PS pour s’être affranchi du vote des militants, largement en faveur du texte. François Hollande est alors premier secrétaire du PS.

Issu d’une famille d’antiquaires, M. Fabius, amateur d’art, est aussi l’auteur en 2011 d’un ouvrage “La Cabinet des douze” dans lequel il commente des “tableaux qui contribuent, à ses yeux, à “faire la France” (Renoir et les scènes de loisirs, Picasso et la guerre…). Ce qui lui a valu, outre le prix littéraire Montaigne 2011, un regain de popularité.

Il ne s’était pas présenté à la primaire de l’automne 2011, affichant très tôt son soutien à Martine Aubry.

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