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L’auteur présumé des meurtres de la tuerie de Toulouse dit “être un moudjahidine”

L’homme de 24 ans se réclamant d’Al-Qaïda, cerné mercredi matin par le Raid à Toulouse et soupçonné d’être le “tueur au scooter”, a séjourné dans un fief d’Al-Qaïda, comme d’autres Occidentaux tentés par le djihad, et a des “attaches” salafistes.

Cet homme suspecté des sept meurtres de Toulouse et Montauban a séjourné, selon de tout premiers éléments d’enquête, dans les zones troublées à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Ces zones sont un fief d’Al-Qaïda. L’homme est “quelqu’un qui a des attaches avec des personnes qui se réclament du salafisme et du jihadisme”, a déclaré à Toulouse le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

“Cette personne a effectué des séjours en Afghanistan et au Pakistan par le passé”, dit “être un moudjahidine”, “appartenir à Al-Qaida et dit avoir voulu venger les enfants palestiniens et s’en prendre à l’armée française”, a ajouté le ministre. “Dans sa discussion avec le Raid”, l’unité d’élite de la police, à Toulouse depuis l’aube, “il se revendique d’Al-Qaïda”, a dit pour sa part une source proche de l’enquête. Aucune revendication de ses actions au nom d’Al Qaïda n’a cependant été rendue publique.

“Il était dans le collimateur de la DCRI (la Direction centrale du renseignement intérieur), comme d’autres, depuis les deux premiers attentats” de Montauban et Toulouse ayant visé des militaires. “La police judiciaire a alors apporté un élément très précieux qui a boosté l’enquête”, a indiqué la même source proche de l’enquête. S’il est confirmé que l’individu visé par l’opération du Raid est bien l’homme le plus recherché de France, cela pourrait mettre fin à une série de sept assassinats de sang-froid qui ont choqué la France et Israël, suscité les condamnations internationales et mis la campagne présidentielle entre parenthèses.

Un apprenti-jihadiste derrière les attaques

Le suspect visé par le RAID “fait partie de ces gens de retour de zones de combat qui ont toujours été une inquiétude pour les services”, a indiqué une source proche de l’enquête. Les services de renseignement occidentaux estimaient récemment à “quelques dizaines” ces jeunes djihadistes de retour des zones troublées à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan, dont quelques-uns en France. Il n’y a pas eu d’attaques islamistes en France depuis la vague d’attentats à la bombe de 1995. Mais le passage à l’acte de la part de ces individus a toujours été considéré comme la principale menace constituée par ces djihadistes.

La mort d’Oussama Ben Laden, le danger permanent des drones américains et les difficultés financières d’Al-Qaïda ont réduit le nombre des volontaires étrangers répondant à l’appel du jihad dans les zones tribales pakistano-afghanes, selon des sources de renseignement concordantes. S’il est impossible de disposer de chiffres précis, il semble que le flot d’apprentis-jihadistes venus d’Occident pour se former auprès d’Al-Qaïda dans le nord-ouest du Pakistan soit en train de se tarir, assurent-elles.

“Depuis six mois, les jeunes Français qui s’y trouvaient sont quasiment tous partis du Pakistan. Il y en avait encore 20 ou 30, originaire du Maghreb ou convertis, il n’en reste aujourd’hui quasiment plus”, avait assuré à l’AFP un responsable de la lutte anti-terroriste demandant à rester anonyme. Selon experts et officiels américains le commandement d’Al-Qaïda a été décimé, ses chefs traqués luttent pour leur survie mais en Afrique, au Yémen et ailleurs des jihadistes reprennent le flambeau du combat anti-occidental.

 

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