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L’avenir de Tesla repose sur un Français

Vous avez quitté Daimler, marque allemande très établie pour Tesla, une start-up de la Silicon Valley qui n’a vendu à ce jour que 1650 véhicules. Pourquoi ?

Il s’agissait d’un départ très à l’amiable, les relations entre les deux entreprises étant très proches, Daimler étant un gros client [le constructeur allemand achète les batteries des Smart électriques à Tesla) et un gros investisseur de Tesla. Lorsque j’ai rencontré Elon Musk, j’ai été très impressionné par sa vision de créer une voiture pour le futur et d’être ainsi un pionnier. Deux choses m’ont vraiment séduit :  la voiture dont il m’a confié la charge, et la culture de l’entreprise. Le Model S est le seul modèle que Tesla Motors vendra  l’an prochain. J’ai donc une responsabilité énorme sur les épaules, car si ça ne marche pas, ça sera la fin de Tesla. Mais  je l’accepte volontiers, car cette voiture est une œuvre d’art. Je suis certain que dans 100 ans, lorsqu’on écrira l’histoire de l’automobile, le Model S de Tesla aura une place à part.

En quoi la culture de Tesla Motors diffère-t-elle de  celle de l’industrie automobile traditionnelle ?

Ce qui m’intéresse chez Tesla, c’est que nous n’essayons pas de répliquer Detroit ou Stuttgart (les deux grands pôles de l’industrie automobile).  Par exemple, nous utilisons une terminologie utilisée dans la Silicon Valley pour nos différentes phases de développement. Nous avons  plusieurs phases de construction: la phase alpha est presque terminée, et la  phase beta va commencer en juin. Nous aurons alors des véhicules plus représentatifs en termes de design et d’outillage. Puis nous passerons au stade  des « release candidates » (prêtes à la vente, ndlr), avant d’entamer la production.  Nous avons acquis l’usine de Fremont, à l’est de San Francisco, début octobre (usine rachetée à Toyota).  Nous avons installé une presse hydraulique géante, l’une des plus grandes presses du monde, car nous allons faire nos propres pièces. Nous avons un degré d’intégration verticale beaucoup plus élevé qu’un constructeur normal et beaucoup plus important que ce à quoi on pourrait s’attendre pour une entreprise de notre taille.

L’engagement pour le développement durable, c’est ce qui vous a séduit chez Tesla ?

Absolument. À long terme, il faut que les voitures soient électriques. Bien sûr, on est en droit de se demander  d’où vient l’électricité.  Lorsque j’étais étudiant, j’ai  étudié les techniques énergétiques avec une spécialisation dans la fusion  nucléaire. La fusion nucléaire, c’est quoi ? C’est le soleil. Donc l’énergie électrique peut être propre, même si la fusion est un rêve lointain.   Mais il y a énormément d’énergie solaire qui peut être captée. La plus grosse source d’énergie sur cette planète, c’est le soleil, et il faut qu’on arrive à la capturer un jour d’une manière ou d’une autre.

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