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L’avenir s’assombrit pour Petroplus, nouvel enjeu de campagne

L’avenir de l’usine Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) et de ses 550 salariés s’est un peu plus assombri avec l’annonce par le raffineur que l’ensemble de ses lignes de crédits avaient été suspendues, au moment où le sort du site normand devient un enjeu de campagne.

“L’accès à toutes les lignes de crédit (…) a été suspendu (…), dans l’attente de l’issue des négociations” avec les banques, a annoncé le groupe suisse dans un communiqué. Les discussions de Petroplus auprès de ses 13 banques – dont trois françaises – sont “très difficiles”, avait auparavant admis le PDG, Jean-Paul Vettier, à la sortie d’une réunion à Matignon. Le gel d’une première ligne de crédit d’un milliard d’euros, fin décembre, avait été à l’origine de la décision du premier raffineur indépendant d’Europe de fermer temporairement trois sites dont celui de Petit-Couronne.

Illustration de la désindustrialisation

L’intersyndicale de l’usine normande, dont le processus d’arrêt temporaire a débuté lundi, avait invité tous les candidats à la présidentielle – à l’exception de Marine Le Pen (FN) – à s’exprimer devant les salariés, jugeant que le site était une “bonne illustration” de la “désindustrialisation”. Sur ce point, elle paraît avoir obtenu gain de cause : après Philippe Poutou (NPA) et Nicolas Dupont-Aignan (DLR) en décembre, avant Hervé Morin (NC) et Jean-Luc Mélenchon (FG) vendredi, c’est François Hollande qui s’est rendu aujourd’hui sur le site menacé. Nathalie Arthaud (LO) est attendue le 11 janvier.

“Vous défendez bien plus que votre emploi aujourd’hui, vous défendez une industrie nationale”, a lancé François Hollande, venu à la mi-journée, sur le chemin d’un déplacement à Caen. D’une voix forte, le candidat socialiste à la présidentielle s’est exprimé durant une demi-heure dans le restaurant de l’entreprise, devant de nombreux journalistes et des dizaines de salariés, le visage grave. “Où est l’Etat, où est le gouvernement, où est le président de la République?”, s’est-il interrogé, accompagné de l’ex-Premier ministre, Laurent Fabius, député de Seine-Maritime.

Recherche d’une solution alternative

Dans le même temps, conscient des risques dans l’opinion – comme pour SeaFrance à Calais -, le gouvernement a affiché sa mobilisation. “Tout est mis en oeuvre dans le cadre de la puissance publique pour favoriser la préservation de l’emploi. Evidemment, nous suivons ce dossier – comme tous les autres d’ailleurs – avec beaucoup d’attention”, a assuré le ministre de l’Economie, François Baroin, à la sortie de la réunion avec Jean-Paul Vettier et François Fillon. En saisissant la Médiation du crédit afin d’aider le raffineur à obtenir son financement, l’Etat français a “répondu présent”, a-t-il clamé. “Le gouvernement est en action. Nous sommes prêts à étudier toutes les solutions pour assurer la pérennité du site”, a renchéri ce soir le ministre de l’Industrie Eric Besson sur BFMTV.

Le patron de Petroplus a indiqué qu’un dialogue était “en cours” pour obtenir une “solution alternative” auprès d’une entreprise pétrolière pouvant apporter “à la fois le produit et les lignes de crédit de substitution”. “Ma première préoccupation ce sont les 2 500 employés (…) et de tout faire pour éviter le dépôt de bilan”, a-t-il ajouté.

Jean-Paul Vettier s’est dit dans l’incapacité de s’engager spécifiquement à moyen terme sur le site normand, qui faisait déjà l’objet d’un projet de plan social menaçant 120 emplois. Il faut attendre “un accord avec les banques (…). C’est alors seulement que nous pourrons nous prononcer définitivement”, a-t-il argué. Il a jugé prématuré de “parler de reprise”.

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