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L’avocat de Liliane Bettencourt dénonce une “paralysie” de l’appareil judiciaire

 L’avocat de Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman, a dénoncé mardi “une paralysie tout à fait surprenante de l’ensemble de l’appareil judiciaire”, après le rejet vendredi par la Cour de cassation de sa requête concernant l’enquête de la juge Isabelle Prévost-Desprez.

Le 1er juillet, la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre avait renvoyé sine die le procès de l’artiste François-Marie Banier, accusé par Françoise Bettencourt-Meyers d’avoir profité de la “faiblesse” de sa mère pour obtenir près d’un milliard d’euros de dons. Elle avait ordonné un supplément d’enquête sur les enregistrements clandestins réalisés au domicile de la milliardaire. L’avocat de Liliane Bettencourt avait contesté cette décision, appel rejeté le 14 septembre par la cour d’appel de Versailles, estimant qu’il était “non immédiatement recevable”. Me Kiejman s’était alors pourvu en cassation.

Vendredi, la Cour de cassation “n’a pas rejeté le pourvoi sur le fond” mais “a rejeté la requête aux fins de voir juger ce pourvoi immédiatement recevable”, a précisé l’avocat à l’AFP. “La Cour de cassation s’est conduite comme la cour d’appel de Versailles, qui s’était elle-même conduite comme le tribunal de Nanterre” qui avait joint l’incident au fond, a expliqué le pénaliste. En résumé, a poursuivi Me Kiejman, “l’appareil judiciaire n’a conduit aujourd’hui à aucune décision sur le fond, de telle sorte que les procédures se poursuivent sans savoir si Mme Françoise Bettencourt-Meyers est ou non recevable à agir. Tout se passe comme si les pompiers ne refusaient pas d’intervenir, mais déclaraient qu’ils le feraient après la fin de l’incendie”.

Pour l’avocat, “il y a là une paralysie tout à fait surprenante de l’ensemble de l’appareil judiciaire que l’on ne peut pas ne pas interpréter comme la crainte de prendre une responsabilité dans une affaire familiale devenue aujourd’hui une affaire d’Etat. Personnellement, cette frilosité ne me paraît pas de nature à renforcer l’image que l’on devrait pouvoir se faire d’une justice courageuse et sereine”.

Le rejet vendredi de la requête par la Cour de cassation permet à la juge Prévost-Desprez de continuer ses investigations. A présent, seul un recours en dépaysement pourrait stopper son enquête.

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