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Le bar français Zebulon ferme ses portes à Brooklyn

Lieu de rencontre de nombreux Français de New York depuis huit ans, le bar Zebulon tirera définitivement le rideau ce dimanche. Ses fondateurs pourraient ouvrir un nouvel établissement à Brooklyn l’année prochaine.

“C’est la fin d’une belle aventure”, regrette Guillaume Blestel, l’un des trois fondateurs avec les frères Joce et Jef Soubiran. Lorsque le café-concert Zebulon s’installe à Williamsburg en 2004, le quartier est en pleine expansion. Le succès du bar est immédiat. Quiconque a déjà passé les portes du Zebulon sait à quel point y trouver une table libre relève du défi. Les concerts font salle comble et il n’est pas rare que quelques pointures (Grizzly Bear, Dirty Projectors et de grands musiciens de jazz) se produisent sur l’étroite scène du bar. Outre les groupes locaux, le Zebulon accueillait aussi régulièrement des artistes francophones.

“L’idée de ce bar, c’était de recréer ce qu’on avait connu il y a quinze ans dans l’East Village”, raconte Jef Soubiran. Au début, le Zebulon est conçu comme un café-concert centré sur la musique jazz. Puis, petit à petit, les groupes locaux ont amené l’indie rock et la world music sur la scène du bar. “Zebulon est un des rares lieux à New York où la musique était libre. Les musiciens commençaient et finissaient de jouer quand ils voulaient. On leur disait ‘let it go'”, assure Guillaume Blestel. “Un jour, la petite-fille d’Andrée Chédid est venue nous dire, très émue, que c’était la première fois qu’elle voyait jouer Robert Wyatt (considéré comme un des plus grands batteurs de l’histoire, ndlr) dans un bar. C’était ça le Zebulon”.

Mais la gentrification rapide du quartier annonce la fin du bar. Quartier tendance, presque chic, Williamsburg ne veut plus de ces concerts jusqu’au petit matin. “On a eu beaucoup de problèmes avec les voisins. Quand on s’est installés ici, on voulait libérer la musique. Aujourd’hui les habitants du quartier veulent l’enchaîner”, déplore Guillaume Blestel. Autre problème, l’étroitesse du lieu. “Les gens pensaient que le bar marchait bien car on était toujours plein. Mais quand tu veux des bons musiciens, tu dois les payer. Et même en faisant 150 personnes par soir, c’était devenu insuffisant avec l’augmentation du coût de la vie et des taxes. Il aurait fallu qu’on achète le petit jardin à côté. Mais à l’époque, on n’avait pas les moyens d’investir. On le paie aujourd’hui.”

Pour ses derniers jours d’activité, Kyp Malone du groupe TV on the Radio et Sarah Neufeld d’Arcade Fire devraient enflammer le Zebulon. Une dernière fois.


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