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Le bonheur est en haut de l’escalier

Lutte des classes et choc des cultures, le film Les femmes du 6e étage dynamite en chantant le charme discutable de la bourgeoisie. Le long-métrage qui s’est imposé comme l’un des plus grands succès français de l’année au box-office arrive sur les écrans américains dès demain.

Années 60, immeuble haussmannien. Avec ses petites manies et son train de vie cossu, Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini), un agent de change dans la cinquantaine, a des faux-airs de M. Jourdain, en moins joyeux. Mais l’apparition d’une jeune et jolie domestique espagnole, Maria, vient chambouler son quotidien.

Maria vit avec ses compatriotes hispaniques sous le même toit que son patron. Mais leurs logements sont de minuscules chambres de bonne sans eau courante, au sixième et dernier étage. Un jour que Joubert s’aventure là-haut, il découvre tout un monde jusqu’ici ignoré et follement plus excitant. Un concentré de vie et d’émotion, qui vibre au rythme des chants, révolutionnaires, de la danse et de la solidarité féminine.

Du comique porteur de sens

Sur le ton de la comédie, le film évoque l’histoire de ces femmes immigrées espagnoles qui se faisaient embaucher comme domestiques en France pour fuir le régime franquiste. Sans la lourdeur démagogique que l’on pourrait craindre, le réalisateur brosse un portrait de groupe convaincant, où l’humour et la vivacité de ces femmes sont comme un pied-de-nez à leurs conditions de vie précaires et au mépris inconscient de leurs patrons. C’est ce que Philippe Le Guay appelle “du comique porteur de sens”.

Influencé par Marivaux et le Renoir de La Règle du jeu, Philippe Le Guay confère à son film des allures de fable moliéresque. “Le personnage de la gardienne d’immeuble par exemple est un parfait personnage comique. Elle se croyait bourgeoise car Française et se sent trahie lorsque Mr Joubert s’attache à ces étrangères”. Fidèle à la tradition de la comédie, “les valets y sont toujours plus malins que les maîtres” et l’équilibre est restauré à la fin.

Presse élogieuse et bouche-à-oreille favorable ont valu aux Femmes du 6e étage un succès inespéré. Magistralement interprété par Luchini et Sandrine Kiberlain dans le rôle des bourgeois coincés, et par Natalia Verbeck (Maria) ou Carmen Maura dans le rôle des Espagnoles pleines de vie, le film a fait une entrée fracassante dans le box-office français puisqu’il a enregistré plus de 500 000 entrée dès la première semaine, juste derrière Black Swan. Aux Etats-Unis, où le thème de l’immigration hispanique entre en résonance avec l’actualité, le film ne devrait pas non plus passer totalement inaperçu.

Infos pratiques

Les femmes du 6è étage de Philippe Le Guay. Avec Fabrice Luchini (Jean-Louis Joubert), Sandrine Kiberlain (Suzanne Joubert), Natalia Verbeke (Maria) et Carmen Maura (Concepcion). En salles à partir du 7 octobre aux Etats-Unis.

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