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Le CAC 40 joue les indécis avant une réunion cruciale de la Fed

La Bourse de Paris jouait les indécises mardi, connaissant de très fortes variations dans un climat de tension extrême avant une réunion cruciale de la Réserve fédérale américaine qui dispose d’une faible marge de manœuvre pour stopper l’hémorragie sur les marchés financiers.

Après avoir ouvert dans le vert et gagné plus de 2%, le marché parisien s’est très rapidement retourné. Le CAC 40 a alors creusé ses pertes, cédant jusqu’à 4%, avant de se redresser. A  midi 5, l’indice parisien perdait encore 1,20% à 3 087,66 points dans un volume d’échanges très fourni de 2,622 milliards d’euros.

“Même si les choses semblent quelque peu se calmer, on peut dire qu’on a assisté à une véritable capitulation et à un raz de marée qui n’a épargné aucun secteur jusqu’en milieu de séance”, commente Renaud Murail, gérant d’actions chez Barclays Bourse.

“Les investisseurs réalisent que les cours des actions sont aberrants et rachètent timidement quelques titres”, ajoute-t-il.

Tous les regards sont désormais tournés vers la réunion de la Réserve fédérale américaine dont le communiqué est attendu à 20 heures 15, heure de Paris.

Le marché espère un nouveau cycle d’assouplissement monétaire, à savoir une injection de liquidités dans le système financier, pour soutenir la croissance américaine.

“Les attentes vont être fortes. La banque centrale doit rassurer les investisseurs, mais elle dispose de peu de marge” car elle est limitée dans son action par la détérioration des finances publiques américaines, souligne Christian Parisot, économiste pour le courtier Aurel.

L’injection de nouvelles liquidités sera ainsi très difficile à justifier auprès du premier créancier des Etats-Unis, la Chine, et pourrait générer d’importantes tensions diplomatiques avec Pékin.

Un nouveau programme d’assouplissement monétaire ne serait donc pas dans les tiroirs, d’autant que le dernier est loin d’avoir prouvé son efficacité sur les derniers mois.

L’urgence est au rendez-vous

La panique s’est installée depuis l’abaissement par l’agence de notation Standard & Poor’s de la note américaine, suivie de celle des organismes parapublics de refinancement des prêts immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac et de banques, assureurs et investisseurs.

Les nombreux appels au calme des dirigeants politiques n’ont pas réussi à calmer l’incendie.

Le président américain Barack Obama a pourtant tenu un discours volontariste lundi soir, défendant le statut des Etats-Unis et assurant que l’Amérique mériterait toujours d’être notée “AAA”.

Ce qui inquiète avant tout, ce n’est pas tant la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis que le ralentissement de l’économie mondiale, commentent les stratégistes de BNP Paribas.

La cacophonie en zone euro reste aussi une source de tension très importante.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn et le ministre français de l’Economie et des Finances François Baroin ont récemment appelé à “réévaluer” le montant du fonds européen de secours (FESF), doté de 750 milliards d’euros.

Mais l’Allemagne et les Pays-Bas ne veulent pas entendre parler d’une telle augmentation qui pourrait avoir des conséquences sur la solvabilité des Etats membres se portant garants.

Le président de la BCE Jean-Claude Trichet s’est contenté d’appeler les gouvernements européens à “faire leur travail” concernant la réduction de leurs déficits.

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