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Le cauchemar financier de la famille Grellier à New York

Les compagnies aériennes ont beau avoir repris leurs vols cette semaine, de nombreux Français sont encore coincés à l’étranger. Depuis l’annulation de son vol dimanche dernier, la famille Grellier attend à New York de pouvoir rentrer chez elle, à Nantes, le 27 avril. Ce séjour « forcé » a un coût : près de 500 dollars par jour.

Françoise et Yves Grellier avaient tout prévu pour leurs 5 jours de vacances en famille à New York : hôtel, restaurants et visites touristiques. Leur budget pour ce séjour qui devait leur permettre de découvrir la Grosse Pomme avec leurs enfants, Louis, 15 ans, et Mädli, 19 ans, s’élevait déjà à plus de 5000 euros (6700 dollars). Mais ils n’imaginaient pas que le nuage de cendres provoqué par le volcan islandais Eyjafjöll leur en ferait dépenser presque le double en paralysant l’espace aérien européen pendant plusieurs jours. « Aujourd’hui, nous déboursons à peu près 500$ supplémentaires par jour pour toute la famille », dévoile Françoise Grellier, une comptable de 43 ans. « De plus, dimanche, quand nous sommes revenus de l’aéroport où nous étions allés prendre des informations sur l’annulation de notre vol, notre hôtel, l’Edison, avait augmenté le prix de la chambre de 226$ à 243$. On se demande encore pourquoi : on dort à quatre dans la même pièce, sur deux lits. »

À la suite d’une initiative du maire de New York Michael Bloomberg qui a demandé aux hôtels de diminuer le prix des nuitées pour les étrangers bloqués par le nuage de cendres, l’Edison facture finalement 197 dollars par jour pour la chambre. « On s’estime heureux de ne pas dormir dehors », lâche pour sa part Yves Grellier, un agent de maîtrise de 46 ans. « Mais au final sur 10 jours cela revient à 5000$, le double de notre budget initial. Je perds de l’argent à chaque minute passée à attendre à New York. »

À cela s’ajoutent les factures élevées de téléphone portable. La famille Grellier contacte 2 fois par jour Kuoni, son agence de voyages basée en France, pour essayer de faire avancer sa date de retour à Nantes. « On tombe à chaque fois sur des messages téléphoniques qui durent plusieurs minutes », raconte Françoise Grellier. « Et lorsqu’on arrive à parler à une opératrice, c’est toujours le même refrain : essayez de patienter, des spécialistes étudient la meilleure façon pour vous rapatrier le plus vite possible. Merci messieurs les spécialistes ! »

Comme beaucoup de ressortissants français bloqués aux États-Unis, Françoise et Yves Grellier mettent également en cause le manque de communication et d’information de la part des autorités françaises et de leur compagnie, KLM. « Nous nous sommes rendus au consulat, mais ils n’ont rien fait de très utile pour nous. Nous avons juste rempli un formulaire. C’est le pompon ! Et lorsque la presse française relate que tout commence à rentrer dans l’ordre, nos amis nous appellent et nous demandent : mais qu’est-ce que vous faites encore à New York ? »

Remontés, ils sont inquiets pour leurs finances, mais également pour leur emplois. Mädli Grellier, leur fille, vient de décrocher un CDD d’hôtesse de caisse pendant ses études et son employeur, qui lui avait déjà accordé une semaine de vacances après quelques jours, commence à s’impatienter. « Je l’ai eu au téléphone », détaille-t-elle. « Il n’est pas content et m’a dit de le prévenir rapidement dès que je serais rentrée. » « Déjà que l’on perd de l’argent tous les jours, il ne faudrait pas que la petite perde son boulot, » s’exclame pour sa part Yves Grellier. Éric Dubos, son ami qui l’accompagne également avec sa femme et ses deux enfants, a le même souci. Médecin indépendant originaire de Saint-Lary (Hautes-Pyrénées), il devait être de garde ce week-end. « Ma secrétaire cherche un remplaçant, mais la plupart de mes collègues sont déjà partis à Paris pour en assurer d’autres », explique-t-il.

Logés à l’hôtel Edison, près de Time Square, les Grellier épuisent leurs économies et envisagent aujourd’hui de quitter ce « confort » qu’ils estiment d’ailleurs « assez relatif ». « On reste à l’hôtel pour les enfants, mais à partir de demain, on ira sûrement squatter les lits de camp installés à l’aéroport de JFK, lâche Françoise Grellier. On a plus un sou. »

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