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Le Champagne victime de la crise

Le champagne a enregistré en 2008 une baisse des ventes pour la première fois depuis une quinzaine d’années, sous l’effet de la crise financière, mais la filière estime avoir toutes les cartes en main pour rebondir grâce à la solidité de ses fondamentaux et aux pays émergents.

Les ventes de champagne ont baissé de 4,8% en volume en 2008 par rapport à 2007, selon des statistiques d’expédition communiquées jeudi par le Comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC).

L’an dernier, 322,4 millions de bouteilles ont été vendues dans le monde, contre 338,7 millions en 2007 et 321,8 millions en 2006.

Il s’agit du premier recul d’une année sur l’autre depuis le début des années 1990 (à l’exception d’une baisse technique en 2000), mais 2007 était un millésime historique.

Et décembre a limité la casse, avec une hausse globale de 3,3%, dont 6,2% en France, marché dominant pour les fêtes de fin d’année.

“Nous sommes relativement soulagés. Le mois de décembre aura permis de rattraper en partie le fort ralentissement d’octobre et novembre”, constate le porte-parole du CIVC, Daniel Lorson.

Le champagne a également bénéficié de la bonne tenue du marché français où les ventes en 2008 n’ont fléchi “que” de 3,6%, contre -6,5% dans l’Union européenne et -6,2% dans les pays tiers, alors que les ventes hors-France enregistraient les plus fortes hausses ces dernières années.

Les exportations ont pâti de l’atonie des marchés matures: la Grande-Bretagne aurait ainsi enregistré une baisse de 10% en tendance (chiffres non définitifs), les Etats-Unis de 20%.

A l’exception de l’Inde, qui subit le contrecoup des attentats de Mumbai (Bombay), les pays émergents montrent une soif croissante de champagne puisque certains pays d’Asie et du Moyen-Orient ont fait des bonds de 50%.

Même tendance en Russie, en Pologne, en Grèce, au Portugal ou encore en Autriche, avec des valeurs en forte hausse. Les volumes y sont encore trop modestes pour compenser la déprime des marchés matures, mais “ça nous permet d’avoir de l’espoir, ce sont des relais de croissance”, plaide M. Lorson.

La crise continuera à peser sur le champagne en 2009, mais la filière se veut plutôt optimiste, sinon sur le chiffre d’affaires, du moins sur les volumes.

“Il va falloir être plys dynamique que jamais, s’adapter à une nouvelle donne, à un client plus regardant sur les prix, mais les fondamentaux sont bons”, estime ainsi M. Lorson.

Les grandes marques sont sans doute celles qui souffrent le plus de la crise.

Le groupe Laurent-Perrier a par exemple enregistré près de 24% de baisse de son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de son exercice 2008-2009 (avril-décembre).

“La diminution des ventes de champagnes de prestige, en particulier aux Etats-Unis et au Japon, pèse sur le poids du haut de gamme dans le chiffre d’affaires”, analyse le groupe.

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