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Le chef militaire de l’ETA arrêté en France

Le chef militaire de l’ETA, Alejandro Zobaran Arriola, a été arrêté jeudi dans le nord de la France lors d’un coup de filet de la police, le plus important contre le groupe basque armé, très affaibli, depuis l’annonce le 10 janvier d’une trêve unilatérale.

Alejandro Zobaran Arriola, alias “Xarla”, chef militaire de l’ETA depuis moins d’un an, a été arrêté dans un village du Pas-de-Calais en compagnie du responsable de la logistique du groupe indépendantiste, Mikel Oroz Torrea, et de deux autres militants, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur. Les quatre hommes ont été identifiés grâce à leurs empreintes digitales.

Selon le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, l’un d’eux serait “mis en cause” dans le cadre de l’enquête sur la mort d’un brigadier de police de 52 ans, tué lors d’un échange de coups de feu avec un commando de l’ETA, le 16 mars 2010 à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne). Cela “ne veut pas dire qu’il aurait participé à la fusillade ni même qu’il aurait été sur place” au moment des faits, a tempéré une source proche de l’enquête, mais des éléments montrent qu’il “était en relation avec ce commando”.

Le coup de filet, qui a associé les polices française et espagnole, s’est déroulé dans un gîte situé en surplomb d’un hameau de 140 habitants, Willencourt, où, selon des habitants, le groupe s’était installé fin février. Des armes de poing, des faux documents d’identité et du matériel informatique ont été saisis et deux voitures volées retrouvées lors de la perquisition du gîte. L’enquête préliminaire est menée par le parquet antiterroriste de Paris.

Alejandro Zobaran, âgé de près de 30 ans, est devenu selon les autorités espagnoles le nouveau chef militaire de l’ETA après l’arrestation en mai 2010 à Bayonne du précédent chef, Mikel Karrera Sarobe. Ce dernier a été inculpé pour le meurtre de deux gardes civils espagnols en 2007 à Capbreton (Landes).

Mikel Oroz Torrea, alias “Peru”, 31 ans, décrit comme un “expert en explosifs”, était lui chargé de la logistique du groupe, selon Madrid. A ce titre, il avait été chargé de préparer la création d’un laboratoire d’explosifs “à proximité du Pays Basque et de la France” et de donner des instructions à Faustino Marcos Alvarez, un militant de l’ETA arrêté le 16 février à Port-Bou, à la frontière franco-espagnole, a ajouté le ministère. Les autres militants arrêtés ont été identifiés comme Urko Labaka Larrea et Ivan Saez de Jauregui.

Opération mouvementée

Il s’agit du plus gros coup de filet contre l’ETA depuis que le groupe, très affaibli après de nombreuses arrestations en France et en Espagne, a annoncé le 10 janvier un cessez-le-feu “permanent” et “vérifiable”. L’organisation, considérée comme terroriste par l’Union européenne et les Etats-Unis, est tenue pour responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans d’attentats pour l’indépendance basque. Son dernier attentat remonte au 9 août 2009.

L’opération de jeudi, menée par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire assistée d’une unité d’élite, a été “mouvementée”, un des membres du groupe ayant “tenté de fuir”, selon une source judiciaire française. Selon les premiers éléments de l’enquête, la gendarmerie a été alertée par le voisinage, intrigué par l’arrivée des quatre hommes qui se faisaient passer pour des étudiants espagnols dans ce bourg rural tranquille.

Un dispositif de surveillance a été mis en place par la police. Jeudi soir, “une de leurs voitures était là, mais nous avons attendu le retour de la seconde voiture, pour être certains de prendre tout le monde”, a expliqué un enquêteur à l’AFP. Le refuge de Willencourt, très éloigné des endroits du sud de la France habituellement choisis comme base arrière par les etarras, laisse d’ailleurs perplexe un enquêteur français: “On ne comprend pas. A Toulouse, quatre Espagnols passent plus inaperçus que dans le nord…”

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