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Le cinéma français a des idées noires

Le festival Rendez-Vous with French Cinema s’est ouvert hier soir à la Film Society du Lincoln Center, à New York. D’ici au 15 mars, 18 films français seront présentés. Un cru 2009 considéré comme très bon, malgré une année crépusculaire sur fond de crise. Tour d’horizon de la sélection et bandes-annonces.

New York a rendez-vous avec le spleen qui plombe le cinéma français. Cette année, au festival Rendez-Vous with French Cinema, il y a peu de films légers. Sans parler de cinéma dépressif, on ne peut qu’être frappé, à quelques exceptions près, par la tonalité très sombre qui émerge de ces longs métrages, minés par l’anxiété, sociale ou financière.

Faubourg 36, de Christophe Barratier, le film d’ouverture



Faubourg 36 – Bande Annonce
Uploaded by rocfm

 

À l’affiche du festival on retrouve des succès publics en France : Faubourg 36 de Christophe Barratier (qui avait réalisé Les choristes en 2004) avec Gérard Jugnot, fait l’ouverture jeudi à 20 h. On y retrouvera aussi le biopic ultra-violent et « à l’américaine » de Jean-Christophe Richet (Mesrine) avec Vincent Cassel en bandit de grand chemin, et Séraphine, la surprise de l’année et des César, avec Yolande Moreau.

Deux cinéastes investissent à nouveau le terrain des questions de race et de genre : Claire Denis et André Téchiné. Subtil, 35 rhums, de Claire Denis, suit le quotidien d’un cheminot et de sa fille, dans une banlieue parisienne rythmée par les trajets en transports en commun. Climat anxiogène dans le nouveau film d’André Téchiné, La fille du RER (en première mondiale à New York), librement inspiré du fait divers sur l’agression inventée du RER A survenue à l’été 2004 (avec Émilie Dequenne, Michel Blanc et Catherine Deneuve).

Du côté des poids lourds du cinéma français, on découvre les mémoires bricolées et farfelues d’Agnès Varda, Les plages d’Agnès. Le film aérien de Benoît Jacquot, Villa Amalia, hanté par le fantasme de la fuite et de la disparition, présente une Isabelle Huppert insulaire. C’est enfin un Gérard Depardieu apaisé qui campe dans le nouveau polar de Claude Chabrol, Bellamy, un inspecteur débonnaire et bon-vivant (clin d’œil à Simenon), sur fond de crise existentielle.

Le festival présente aussi un certain nombre de premiers films qui renouent avec le cinéma populaire et rendent également compte d’une atmosphère cafardeuse : Versailles, de Pierre Schoeller, touchant et sauvage, souligne de manière posthume et avec évidence le talent de Guillaume Depardieu disparu cet hiver. Beau film singulier et conte cruel sur l’enfance, Stella, de Sylvie Verheyde, s’inscrit dans la veine du cinéma de Maurice Pialat et Jean Eustache. L’apprenti, de Samuel Collardey, est le vainqueur 2008 du prix Louis Delluc du meilleur premier film.

Au programme également : Costa-Gavras (Éden à l’Ouest), Anne Fontaine (La fille de Monaco), une satire sociale de François Dupeyron (Aide-toi, le ciel t’aidera), un drame de Patrick et Pierre Trividic avec Dominique Blanc (L’autre), un polar musical loufoque avec Jeanne Balibar (Le plaisir de chanter) et une comédie douce-amère de Danièle Thompson (Le code a changé).

Informations pratiques :
Du 5 au 15 Mars à la Film Society du Lincoln Center et à l’IFC.
Programme complet et tickets en ligne.

Vidéos

Stella :

Versailles:



Versailles : Bande-annonce
Uploaded by baryla

Mesrine:

 

 

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