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Le Corbusier exposé pour la première fois au MoMA

Jusqu’au 23 septembre, le MoMA consacre une rétrospective unique dédiée au maître de l’architecture française, Le Corbusier.

Maquettes, dessins, écrits. La nouvelle exposition du musée d’art moderne de New York reflète dignement l’univers poétique de Le Corbusier, un artiste qui durant six décennies, s’est inspiré des paysages pour ses oeuvres. De l’architecture à la décoration, en passant par l’écriture, la peinture et la conception d’objets mobiliers, la rétrospective dresse le portrait d’un idéaliste avant-gardiste, d’un innovateur d’idées toujours en quête de nouveaux territoires. Organisée en cinq sections, la rétrospective dévoile 320 de ses projets inspirés de ses voyages à travers les cinq continents.

D’origine franco-suisse, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier demeure un personnage influent et controversé du XXe siècle. Descendant d’une famille d’horlogers, cet artisan s’initie tout d’abord à la gravure, dans la ville de Chaux-de-Fonds en Suisse. La première section de l’exposition, intitulée “Des Montagnes du Jura au Nouveau Monde”, explore les débuts de l’ancien élève de Charles l’Eplattenier en Europe. Les premiers croquis colorés de la maison “Villa Fallet” dévoilent déjà la précision, la simplicité et la rigueur acquises par Le Corbusier lors de ses expériences chez les pionniers du béton français, Les Frères Perret et chez le précurseur du jardin allemand, Peter Behrens, à Berlin.

Une architecture simple et fonctionnelle

Ses toiles, aquarelles et carnets de voyages englobent deux autres parties de l’exposition : “La conquête de Paris” et “Répondre aux paysages de l’Afrique aux Amériques”. Peu reconnu en tant que peintre, le fondateur du mouvement puriste lance en 1922 avec son cousin Pierre Jeanneret son propre studio dans la capitale française. Son approche ? Réaliser une continuité entre l’intérieur et l’extérieur d’un espace. Cette idée se perçoit dans l’aménagement du salon de la Villa Savoye à Passy, édifice architectural de 1928, où Le Corbusier utilise des cloisons mobiles et transparentes pour jouer sur la fluidité. Il utilise aussi du mobilier géométrique noir et blanc pour offrir de l’élégance à la pièce. Les visiteurs admirent d’autant plus cette vision sur la maquette du “Palace of the Soviets” bâti à Moscou en 1932 ou sur les autres somptueux édifices réalisés au Brésil, s’inspirant de photographies de paysages aériens.

Après le succès de la création de la ville indienne Chandigarh en 1945, à laquelle est consacrée la quatrième section de l’exposition, le génie franco-suisse s’interroge sur le logement collectif. Il invente le concept “d’unité d’habitation”. Les esquisses et prototypes de la dernière pièce “En direction de la Méditerranée ou le retour éternel” montrent des bâtiments aux lignes épurées regroupant tous lieux collectifs nécessaires à la vie. Il en construit cinq en France et une en Allemagne. “Ses constructions n’étaient pas seulement des machines-à-habiter mais aussi des machines à regarder le paysage”, explique Jean-Louis Cohen, conservateur de l’exposition et professeur d’architecture à NYU.

Cinquante ans après sa mort, le MoMA retranscrit au cours d’un périple l’évolution et la constance du pionnier de la provocation architecturale. Ses 400 projets ainsi que la publication de ses 40 livres continuent de marquer et d’influencer le monde du design d’aujourd’hui.

Le Corbusier : An Atlas of Modern Landscapes, The Museum of Modern Art, 11 West 53rd Street, New York. Du samedi au jeudi de 10h30 à 17h30 et le vendredi de 10h30 à 20h. (212) 708-9400, www.moma.org.

$25 pour les adultes, $18 pour les séniors, $14 pour les étudiants et gratuit pour les moins de 16 ans.

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