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Le corps humain vu par Peter Knapp

L’exposition « Peter Knapp : La passion des images » qui se tient à la galerie du French Institute of Alliance Française jusqu’au 4 juin, revient sur le travail de cet artiste aux multiples facettes

Photographe, peintre, graphiste, réalisateur, Peter Knapp est un artiste inclassable de renommée internationale. Originaire de Suisse, il s’est installé à Paris dans les années 50 après avoir terminé l’École des arts et métiers de Zurich. En 1959, il devient photographe de mode pour le magazine Elle. Cette collaboration durera 20 ans, dont sept années en tant que directeur artistique. À partir de 1966, il est également photographe indépendant pour des magazines tels que Sunday Times, Stern et Vogue. En 1975, il participe à l’exposition « La photo et l’art contemporain » aux côtés d’artistes tels que Peter Klasen ou Andy Warhol, période durant laquelle il fait partie du mouvement « Sky Art ». Il a également réalisé de nombreux films pour des émissions télévisées, et s’est vu confier par Jean-Pierre Elkabach de 1972 à 1974 la réalisation d’un magazine culturel hebdomadaire pour Antenne 2. Que ce soit dans la photographie, la réalisation, l’art graphique ou la peinture, Peter Knapp a toujours fait preuve d’un goût prononcé pour l’expérimentation. Il a innové en utilisant des pellicules 16 mm pour prendre ses photos et fut aussi l’un des premiers artistes à exposer des photographies en couleurs à une époque où la plupart travaillaient en noir et blanc.

Le French Institute of Alliance Française expose 42 photographies de mode et de travail libre prises par Peter Knapp, provenant de différents musées et collections privées et ayant pour thème le corps humain. « Sa photographie associe des préoccupations plastiques à une démarche conceptuelle. Cette exposition invite à explorer les différentes facettes de ses activités- parmi lesquelles il faut aussi compter le cinéma- et s’emploie à retracer son itinéraire », explique Gabriel Bauret, le commissaire de l’exposition.

On retrouve ainsi des photos de mode en noir et blanc- ses premières photos du corps humain- notamment réalisées pour Elle, Vogue, Marie-Claire ou le Sunday Times Magazine avec pour modèles Charlotte Rampling, Azzedine Alaïa, Loulou de la Falaise, André Courrèges ou Françoise Fabian. Une vidéo créée spécialement pour l’exposition montre ses photos de mode en couleurs prises dans les années 70-80 pour Yves Saint-Laurent ou Montana. Parmi les photos de ses recherches personnelles, on remarque l’impressionnante photographie intitulée La main de Gilberte, gros plan d’une main dont les lignes sont extrêmement marquées par le temps et le labeur. Pour cette photographie qui date de 1975, Peter Knapp explique avoir voulu faire le portrait d’une voisine à la campagne, et lorsque celle-ci s’est caché le visage car elle y était opposée, il fut étonné par cette main dont les lignes étaient imprégnées du brou des noix qu’elle venait de ramasser. Après la période où il a fait partie du mouvement « Sky Art », Peter Knapp s’est attaché à photographier l’homme dans la nature. En 1989 il réalise une série de photos en Suisse, dont une est exposée ici, représentant une meule de foin qui a pris forme humaine après une tempête, photographie dont les couches ont été grattées par l’artiste et qui a été peinte une fois agrandie. Avec La Femme effacée, portrait recouvert de peinture et dont la pellicule a été entièrement grattée, Peter Knapp a voulu s’éloigner de la photo idéalisant et donc de ce qu’il accomplissait en tant que photographe de mode, « La beauté est sans défaut, la recherche esthétique est donc très limitative pour la photographie. En traitant mal la photo, je recrée une autre image».

« Peter Knapp : La passion des images »
Jusqu’au 4 juin
FIAF Gallery
22 East 60th Street
Entrée gratuite
www.fiaf.org

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