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Le coup de poignard de la Première dame à Ségolène Royal

Ségolène Royal, star malgré elle des législatives: menacée par un frondeur socialiste, l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 et ex-compagne du président François Hollande a reçu le coup de poignard de la Première dame alors que l’establishment PS se portait à son secours.

Cette candidate pas comme les autres semblait déjà quasiment à terre: en tête du premier tour en Charente-Maritime (ouest) avec 32% des voix, elle s’est retrouvée menacée par le jeune socialiste dissident Olivier Falorni, arrivé deuxième avec 28,9% des suffrages et bien placé pour la battre avec le soutien implicite d’élus de la droite locale. Le Parti socialiste avait donc déclenché l’opération sauvetage à tout prix de celle qui porta ses couleurs en 2007 et qui fut pendant plus d’une trentaine d’années la compagne du chef de l’Etat et est la mère de ses quatre enfants.

La stupéfaction est venue de Valérie Trierweiler qui a ouvertement soutenu l’opposant de celle qui l’avait précédé dans la vie du nouveau président. “Courage à Olivier Falorni qui n’a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d’années dans un engagement désintéressé”, a écrit sur son compte Twitter la journaliste. Cette prise de position a fait l’effet d’une bombe. Elle a d’abord semblé si peu croyable que l’entourage de la patronne du PS Martine Aubry était persuadée que le message était un faux. Avant que Valérie Trierweiler ne confirme son authenticité auprès de l’AFP.

M. Falorni, qui refuse obstinément de renoncer à sa candidature en dépit des pressions et de son exclusion du PS, s’est aussitôt “réjoui” de ce “beau message d’amitié, de soutien personnel”. “Ca fait évidemment plaisir dans un contexte où je subis beaucoup de coups”, a déclaré le frondeur, un fidèle depuis des années de François Hollande, qui reproche à Ségolène Royal de s’être “parachutée” dans cette circonscription dans le seul but d’arracher la présidence de l’Assemblée nationale.

La droite a immédiatement vu dans cet épisode une aubaine. “Le vaudeville entre à l’Elysée”, a commenté le député UMP Eric Ciotti. “Ce matin, la présidence normale est définitivement morte. Désormais, c’est Dallas à l’Elysée!”, a dit Geoffroy Didier, un conseiller régional, en allusion à la normalité que Français Hollande veut incarner par opposition à l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy. Avec ce tweet de Mme Trierweiler, souvent encore considérée comme la rivale de Ségolène Royal, vie publique et vie privée se sont retrouvées entremêlées dans une campagne législative jusque là plutôt morne.

Ségolène Royal venait justement de se prévaloir du soutien écrit du chef de l’Etat dans sa profession de foi de second tour. Dans ce document divulgué mardi, le président souligne: “Ségolène Royal est l’unique candidate de la majorité présidentielle qui peut se prévaloir de mon soutien et de mon appui”. Martine Aubry, qui s’est déplacée mardi pour lui porter secours à La Rochelle en compagnie de Cécile Duflot, patronne des Verts alliés aux socialistes et ministre du Logement, venait, elle, de louer les qualités de celle qu’elle avait âprement combattu en 2008 pour prendre la tête du parti. “Je sais combien elle compte pour beaucoup (…) Nous avons besoin de la voix de Ségolène Royal, de sa détermination”, venait d’expliquer Mme Aubry.

Le tweet de Valérie Trierweiler a visiblement suscité l’embarras au PS. “La seule chose qui nous importe, c’est le soutien de François Hollande à Ségolène Royal, il est clair, il est net”, a fini par commenter Mme Aubry. L’histoire avait déjà un côté cruel pour Ségolène Royal: elle qui rêvait il y a quelques mois d’arracher à nouveau l’investiture socialiste pour la présidentielle, s’était retrouvée reléguée à une modeste quatrième place au primaires du PS, avant de voir son ex-compagnon arriver à la place qu’elle voulait au bras d’une autre femme.

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