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Le couvercle de confinement du pétrole en cours de descente au fond de la mer

Le “couvercle” géant destiné à colmater la fuite à l’origine d’une vaste marée noire dans le golfe du Mexique était en cours de descente vendredi au fond de la mer, alors que pour la première fois le pétrole échappé a touché terre, sur des îles de Louisiane.

“Il (le couvercle) est en cours de descente” et “cela prend environ dix heures pour arriver au fond”, a déclaré à l’AFP un responsable des garde-côtes, Michael De Nyse. L’opération sans précédent devrait être achevée au mieux d’ici vendredi 13HOO GMT.

Les responsables de British Petroleum, exploitant de la plateforme à l’origine de la catastrophe, espèrent que le dispositif du couvercle sera “opérationnel” d’ici à lundi, le pétrole en fuite étant canalisé en securité pour être traité.

Le “couvercle”, qui vise à stopper l’hémorragie de brut, a commencé à être descendu jeudi à 22H00 locales (vendredi à 03H00 GMT), à l’endroit précis où la plateforme Deepwater Horizon a sombré le 22 avril après une explosion à environ 80 km des côtes, ont annoncé les garde-côtes.

Au même moment, des nappes de pétrole ont commencé à arriver sur les îles Chandeleur (Louisiane) et au large des côtes louisianaises, selon des témoins ayant survolé la zone. “Les équipes ont confirmé qu’il y avait du pétrole sur Freemason Island” (îles Chandeleur), a indiqué jeudi à l’AFP, Connie Terrell, responsable des garde-côtes.

Le couvercle, qui pèse environ 100 tonnes, avait été embarqué à bord d’une barge à Port Fourchon en Louisiane (sud). L’objet, un silo blanc avec un haut en forme de dôme, de 12 mètres de haut, concentre les espoirs de tous les riverains du golfe du Mexique, du Texas jusqu’à la Floride.

Le géant pétrolier britannique BP indique que cette sorte d’entonnoir, doit permettre de recueillir le pétrole qui s’écoule à environ 1.500 mètres sous le niveau de la mer. L’idée est de pomper le brut pour le récupérer à bord d’un pétrolier situé à la verticale.

Dans le pire des scénarios, la pose du couvercle pourrait aggraver la fuite et multiplier par 12 la quantité de pétrole rejetée dans la mer, actuellement de 800.000 litres par jour, ont toutefois averti les experts de BP.

“Nous espérons tous que cela marchera, mais je voudrais rappeler à tout le monde que ce dispositif est le premier du genre”, a dit le contre-amiral des garde-côtes Mary Landry.

BP, qui craint pour son image et pourrait devoir payer des milliards de dollars, a mis en exergue les efforts dantesques entrepris pour colmater la fuite, et est allé jusqu’à faire revenir la barge transportant le “couvercle” à quai pour que les photographes retardataires puissent obtenir un cliché.

La société Transocean, propriétaire de la plateforme exploitée par BP, a indiqué de son côté jeudi qu’elle ignorait les causes de l’accident et mis en garde contre des “spéculations” en attendant le résultat de l’enquête.

Entretemps, le pétrole continue de couler, menaçant la faune et la flore, mais aussi l’économie locale de la pêche et du tourisme.

Selon une estimation, plus de 9,5 millions de litres de pétrole se sont répandus dans les eaux depuis le début de la catastrophe, soit un quart du brut déversé par l’Exxon Valdez en 1989 en Alaska.

BP a tout de même enregistré une petite victoire mercredi en parvenant à colmater la plus petite des trois fuites sur le conduit du puits, mais ce succès n’a pas modifié le débit de brut. Le groupe a aussi commencé à creuser un puits de secours afin de boucher le conduit d’origine et a repris les incendies contrôlés sur certaines portions de la nappe.

Celle-ci, aussi vaste qu’un petit pays (200 km de long sur 110 de large), menace plus de 600 espèces animales.

 

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