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Le débat sur la publicité sur les chaînes publiques relancé

Le président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, a relancé lundi le débat sur la publicité sur les chaînes publiques, supprimée après 20 heures il y a quatre ans, alors que le groupe audiovisuel est contraint à une sévère cure d’austérité qui pose à nouveau la question de son financement.

“La question de la publicité sur France Télévisions doit être de nouveau abordée en évitant de se cristalliser sur la césure entre la journée et la soirée”, a déclaré Rémy Pflimlin dans une interview au quotidien économique Les Echos, sous-entendant que celle-ci pourrait aussi être rétablie de façon différenciée en fonction des lignes éditoriales des chaînes. “Il y a plusieurs scénarios possibles, dans le respect de la différence du service public, pour consolider nos recettes commerciales”, a-t-il ajouté, insistant: avec “55 millions d’euros de moins que prévu” de recettes en 2012, “le décrochage a été plus fort que celui du marché parce que nous n’offrons pas d’écrans publicitaires en prime time”.

Le sujet n’est pas nouveau. Depuis l’annonce surprise de Nicolas Sarkozy qui avait conduit à la suppression en 2009 des spots entre 20h et 6h sur les chaînes de FranceTélévisions – réforme prévoyant la suppression totale de la publicité en 2016 -, le débat n’a jamais vraiment été fermé. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, avait relancé cet été l’idée d’un retour des spots après 20 heures. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, s’y était alors opposée, et le débat avait été clos par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. “La question du retour de la publicité n’est pas à l’ordre du jour”, avait-il tranché.

“Urgence”

Mais, alors qu’une loi sur l’audiovisuel est attendue cette année, le sujet du financement de France Télévisions, dépendant d’une dotation de l’Etat soumise aux aléas de la conjoncture économique, reste sur la table. Pour 2013, l’Etat a annoncé que le groupe audiovisuel public (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô) connaîtrait une baisse des dotation publique de 85 millions d’euros, à 2,45 milliards d’euros.

Malgré une hausse de la redevance de 6 euros en 2013 qui atténue cette baisse des ressources publiques, le groupe devra se serrer la ceinture, sous le double coup de la coupe des dotations et d’un marché publicitaire en recul. Face à cette situation, et pour donner à France Télévisions un financement pérenne et stable, des politiques ou professionnels du secteur se sont prononcés en faveur d’un élargissement de l’assiette de la redevance ou d’une augmentation plus nette de celle-ci. Rémy Pflimlin soulignait lui-même dès août que “c’est 125 euros en France 175 en Angleterre et 215 en Allemagne”.

Mais au-delà, la question de la publicité n’est pas oubliée. Elle revient petit à petit sur la table alors que Bruxelles pourrait annuler cette année deux taxes qui financent la fin de la publicité après 20 heures, l’une sur les opérateurs télécoms et une autre sur les télévisions privées. La Commission européenne souhaite que la France les supprime, considérant qu’elles créent une distorsion de concurrence. Dans ce cas, “il manquerait à ce moment là encore 350 millions d’euros au budget de l’Etat”, a indiqué récemment lors d’un débat le sénateur PS, David Assouline, vice-président de la commission culture du Sénat. Il a estimé qu’il faudrait alors “se poser y compris la question de la publicité” si “on veut rester à ce niveau de financement de FranceTélévisions”.

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