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Le démantèlement de la « jungle » de Calais annoncé par Eric Besson « n’est pas une solution »

Éric Besson, ministre de l’Immigration, a annoncé mercredi soir sur TF1, que la zone proche du port de Calais où s’entassent des centaines de sans-papiers désirant rejoindre clandestinement l’Angleterre « fermera définitivement avant la fin de la semaine prochaine ».

Interrogé sur une imminente intervention policière pour évacuer cette zone surnommée « jungle » en raison des conditions de vie précaires de ces migrants principalement originaires d’Afghanistan, Éric Besson a pour l’instant botté en touche en déclarant qu’il « décidera sur place avec le préfet ». Quant aux migrants clandestins, ils auront vraisemblablement trois choix : « le retour volontaire, la demande d’asile ou l’expulsion » a-t-il également expliqué, en précisant toutefois que « si la situation en Afghanistan ne le permet pas, il n’y aura pas de retour forcé dans ce pays ».

Depuis la fermeture de Sangatte par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, des centaines de migrants venant de pays déchirés par la guerre, notamment Afghans, Érythréens, Irakiens ou Somaliens, errent dans le Calaisis dans l’espoir de gagner l’Angleterre.

Refuge des passeurs et des migrants, essentiellement afghans, qui ont dû débourser des milliers de dollars pour arriver jusqu’à Calais, la « jungle » est située à proximité d’entreprises disposant de parkings. Les migrants tentent d’y monter dans les poids lourds, en attente d’embarquer sur les ferries qui traversent la Manche. Éric Besson s’était engagé en avril dernier à fermer cette « zone de non-droit » d’ici la fin de l’année. Depuis, interpellations et fermetures de squats se sont succédées.

Si le ministre compte résoudre le problème par la dissolution de ces camps de fortune, Erik Schando, médecin et président d’ISR que France-Amérique a rencontré à cette période même à Dieppe, où existe le même type de campements, estime que « ce n’est pas une solution à long terme ». « Si les flics débarquent à Calais, ajoute-t-il, ils attraperont quelques clandestins, mais une grande partie ira se cacher autre part et puis reviendra aussi vite pour tenter de passer en Angleterre. C’est sûr et certain. Et puis, avec cette méthode, l’argument utilisé par M. Besson (ndlr, la traque des passeurs) ne tient pas debout. »

Erik est résolument partisan d’une solution en douceur, où l’humanitaire et le raisonnement serait les mots d’ordre. « Je suis intimement convaincu qu’en proposant un hébergement par la Croix-Rouge ou par d’autres associations, comme celle qui existe à Dieppe, ainsi qu’une assistance psychologique, le problème serait plus facilement résolu. Si les clandestins commencent à penser que rejoindre leur pays d’origine est la meilleure option, les passeurs n’auront alors plus lieu d’être », explique le dentiste, en admettant que certains ont émis le souhait volontaire de rentrer chez eux ces derniers temps.

Dieppe, qui abrite essentiellement des Kurdes d’Irak, fait partie de ces villes que le ministre de l’Immigration compte purger des migrants. « Nous allons casser le principal outil de travail des filières clandestines dans la région », a-t-il encore déclaré sur TF1. « C’est vrai qu’ici, il y a récemment eu plusieurs descentes de police », commente Erik Schando.

Interrogé sur les clandestins que France-Amérique a rencontrés en avril dernier à Dieppe, le médecin avoue ignorer ce qu’Ahmed et Peshraw sont devenus. « Ils ont disparu, raconte-t-il. J’espère qu’ils ont réussi à rejoindre l’Angleterre. »

À lire ou à relire : Bagdad Palace

 

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