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Le dernier film d’Heath Ledger présenté à Cannes

Mort tragiquement en plein tournage, l’acteur Heath Ledger joue son dernier rôle dans L’imaginarium du docteur Parnassus, une délirante fable sur le pouvoir de l’imagination, signée par le Britannique Terry Gilliam et dévoilée vendredi au Festival de Cannes.

Le générique final le proclame, cette production est « un film des amis de Heath Ledger », puisque trois acteurs, Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell, sont venus au secours du projet, en remplaçant l’Australien mort tragiquement à 28 ans en janvier 2008 d’une surdose accidentelle de médicaments. Ces trois acteurs étaient absents de Cannes, à l’instar de Christopher Plummer alias le docteur Parnassus et Tom Waits qui joue le Diable.

« Johnny, Jude et Colin ont rempli le vide que Heath a laissé, c’est un acte d’amour », a affirmé Terry Gilliam, 68 ans, entouré sur la Croisette de trois autres acteurs, le mannequin Lily Cole dans son premier rôle au grand écran, Andrew Garfield (Boy A) et Verne Troyer.

« Nous étions consternés. Heath était un comédien génial, très apprécié par les gens du métier à Hollywood », a expliqué à l’AFP le Français Samuel Hadida, de Metropolitan Filmexport, producteur exécutif d’un film qui a coûté 45 millions de dollars et s’est déjà vendu dans le monde entier. « Lorsqu’il est mort, nous venions de finir le tournage à Londres, de toutes les scènes qui se passent dans le monde actuel. Nous devions reprendre à Vancouver en janvier, et toute la partie imaginaire restait à faire, soit la moitié du long métrage, » a-t-il expliqué.

« Terry a passé un mois avec son monteur, à remettre le film à plat. Puisque le héros pénètre à trois reprises dans le monde imaginaire, il a eu l’idée de proposer à trois acteurs de reprendre son rôle. Il y a eu un vrai élan pour que la dernière performance de Heath voie le jour, pour que le film existe ».

Révélé par Le secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, Heath Ledger a vu son interprétation du machiavélique Joker dans Batman, le chevalier noir récompensée par un Oscar posthume, en février dernier.

Dans L’imaginarium du docteur Parnassus, il est le mystérieux Tony, sauvé de la mort par une petite troupe de forains qui sillonnent Londres dans une étrange roulotte de bois et donnent des spectacles en plein air. À leur tête : un vieillard immortel, le docteur Parnassus, doté du pouvoir de projeter les autres dans leur propre imaginaire. Après avoir fait un pari contre le Diable, Parnassus doit lui livrer sa fille Valentina (Lily Cole) le jour de ses seize ans.

Écrit par Terry Gilliam comme deux autres de ses films, Brazil et Les aventures du baron de Münchhausen, L’imaginarium du docteur Parnassus est une nouvelle histoire délirante et pleine de fantaisie, qui célèbre le pouvoir de l’imagination dans un monde froid, cynique et consumériste. Si l’on se perd par moments dans ses méandres, le film réserve de savoureux moments, comme cette scène en forme de clin d’œil à l’humour subversif des Monty Python, où des policiers en bas résille dansent sur une estrade.

Après avoir brigué la Palme à deux reprises, avec Monty Python, le sens de la vie en 1983 puis Las Vegas Parano en 1998, Terry Gilliam est venu cette fois hors compétition à Cannes.

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