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Le dialogue se prépare à Washington sur fond de violences au Proche-Orient

Après 20 mois d’attente, Israéliens et Palestiniens ont préparé mardi à Washington la reprise de leurs négociations directes, sous le patronage de la diplomatie américaine, dans un climat entaché par des violences en Cisjordanie.

Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine, a enchaîné dans l’après-midi les rencontres préparatoires, à la veille d’un dîner à la Maison Blanche autour du président Barack Obama. Les négociations proprement dites débutent jeudi. Le président palestinien Mahmoud Abbas a été le premier à voir la secrétaire d’Etat américaine en tête-à-tête. Il a été suivi par le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Judeh, le ministre égyptien Ahmed Aboul Gheit, l’ancien président américain Jimmy Carter et le représentant du Quartette (USA, UE, Russie, ONU) Tony Blair.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, devait clôturer la série d’entretiens à 19H45 (23H45 GMT).
Pendant qu’il voyageait vers Washington, la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué dans un communiqué l’attaque qui a tué mardi soir quatre Israéliens près d’une colonie juive de la région d’Hébron (sud de la Cisjordanie).
A la descente d’avion du Premier ministre d’Israël, son cabinet a rapporté qu’il avait “ordonné aux forces de sécurité de poursuivre les assaillants sans aucune restriction diplomatique, et de mettre la main sur eux et sur ceux qui les envoient”. M. Netanyahu a aussi réaffirmé que “la terreur ne déterminera pas les frontières d’Israël ni son avenir”.
Depuis Washington aussi, le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné l’attaque, estimant qu’elle visait à “perturber le processus politique” à la veille de la reprise des négociations directes avec Israël. La Maison Blanche a condamné mardi “dans les termes les plus forts” l’attentat, appelant Israéliens et Palestiniens à “persévérer” pour parvenir à une paix négociée. Les discussions entre Israéliens et Palestiniens avaient cessé fin 2008, avec l’offensive israélienne sur Gaza. Leur reprise jeudi suscite peu d’illusions, en raison avant tout du fossé entre les positions des deux parties.

Les Palestiniens veulent fonder leur Etat sur l’ensemble des territoires occupés par Israël depuis 1967. Ils sont prêts à accepter des échanges, mais cela ne suffira pas à régler la question du statut de Jérusalem: Israël considère la Ville Sainte comme sa capitale indivisible, alors que les Palestiniens veulent que l’est de la ville soit leur capitale. Le sort des réfugiés palestiniens divise également profondément les parties, tout comme la volonté d’Israël que le futur Etat soit démilitarisé.

La colonisation israélienne, actuellement gelée, est également une menace sur l’ensemble du processus. Les Palestiniens ont déjà prévenu que toute reprise des implantations -le moratoire s’achève en principe le 26 septembre, mais pourrait être prorogé- tuerait dans l’oeuf la négociation. Dans une tentative de conjurer les mauvais augures, le président israélien Shimon Peres, qui fut en son temps l’un des acteurs majeurs de ce conflit vieux de plus de 60 ans, a appelé mardi à “renoncer au cynisme et au scepticisme” pour aboutir à un résultat. Les protagonistes du bras de fer sont les invités d’un dîner à la Maison Blanche mercredi soir, en compagnie du président égyptien Hosni Moubarak et du roi Abdallah de Jordanie notamment.

Hillary Clinton relancera officiellement les négociations directes le lendemain. Selon une source anonyme au département d’Etat, la réunion de jeudi entre MM. Netanyahu et Abbas et Mme Clinton devrait durer environ trois heures.

 

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