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Le doute s’installe sur l’avenir de François Fillon

François Fillon a tenté lundi de minimiser la portée de sa prise de distance avec Nicolas Sarkozy mais son départ semble acté et la question de son successeur toujours ouverte, le chef de l’Etat brouillant les cartes, peut-être à dessein, pour mieux surprendre in fine.

En affirmant dans un entretien télévisé que Nicolas Sarkozy n’était pas son “mentor” et en se fixant un nouveau “challenge” politique, le Premier ministre a donné dimanche l’impression de poursuivre sa tournée des adieux avant le prochain remaniement automnal.

“Mes préoccupations sont assez éloignées de ces supputations”, a-t-il cependant tenu à assurer lundi à l’AFP dans une déclaration aussi courte qu’inhabituelle. Son “horizon” à Matignon se dessine dans trois “missions” principales: “la réforme des retraites, le budget (2011) et la sécurité des Français”.

Il ne faut pas voir là un rétro-pédalage par rapport à ses déclarations dominicales, analyse-t-on dans son entourage, mais simplement le souci de mettre en garde contre les “sur-interprétations”: “certaines donnent l’impression qu’il s’occupe de sa reconversion, ce n’est pas le cas”.

A l’UMP, on essaie également de relativiser les propos du Premier ministre. Son porte-parole Frédéric Lefebvre, qui assistait lundi matin à la réunion hebdomadaire autour de Nicolas Sarkozy et François Fillon à l’Elysée, a repris la même sémantique: gare aux “sur-interprétations” de la presse.

Sauf qu’en creux, François Fillon, n’a fait qu’alimenter les spéculations sur un prochain départ. Interrogé sur le fait de savoir si son “horizon” à Matignon dépassait le mois de novembre, il a en effet répondu: “Il va jusqu’à ce que toutes ces missions soient achevées”.

Si l’on exclut la sécurité dont le Premier ministre a lui-même précisé que c’était “un travail constant”, les deux autres chantiers, les retraites et le budget, sont bientôt achevés. La réforme des retraites devrait être votée le 25 octobre et le premier volet du budget, la partie la plus politique consacrée aux recettes et notamment le rabotage des niches fiscale, le lendemain.

Autrement dit, François Fillon aurait achevé ces deux “missions” essentielles fin octobre, ouvrant la voie à son remplacement.

Lui qui avait “envie de rester” à Matignon a cependant “compris” depuis son tête à tête au Fort de Brégançon en août avec le chef de l’Etat que ce dernier “avait plutôt l’intention de le changer parce que cinq ans c’est long”, explique un dirigeant de la majorité.

Le Premier ministre, qui “a de l’amour propre”, entend maintenant “montrer qu’il n’est pas chassé”, selon cette même source.

Les deux hommes ont eu un entretien lundi matin. Nicolas Sarkozy ne s’est pas ému des déclarations de François Fillon mais l’a invité au “sang-froid” et à ne pas céder au “piège” médiatique, selon une source proche du chef de l’Etat.

Un membre du gouvernement liste trois successeurs possibles: Michèle Alliot-Marie (Justice), “pour consolider le socle de droite”, Jean-Louis Borloo (Ecologie), “pour attirer les centristes”, ou encore Jean-François Copé. Contrairement au patron des députés UMP, les deux premiers font campagne ouvertement.

Le problème, c’est qu’aucun d’entre eux n’a le “portrait robot parfait”, analyse un responsable de la majorité bien informé, qui voit bien le chef de l’Etat sortir de son chapeau une personnalité totalement inattendue, “une surprise” en somme. Pour le même responsable, seul l’ancien Premier ministre Edouard Balladur, véritable mentor de Nicolas Sarkozy, a été mis dans la confidence.

 

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