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Le feuilleton Bettencourt reste en suspens avant l’audition d’Eric Woerth

Le feuilleton estival de l’affaire Bettencourt, au coeur de l’actualité depuis près de six semaines, est désormais suspendu à l’audition du ministre du Travail, Eric Woerth, dont la date reste inconnue.

Première étape d’une semaine clé dans cette affaire riche en rebondissements, la milliardaire Liliane Bettencourt a été entendue pendant un peu plus de deux heures lundi par les enquêteurs de la brigade financière à son domicile de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). L’audition “s’est passée très courtoisement, s’agissant de souvenirs qui sont parfois très anciens et que ma cliente n’a pas forcément gardés à l’esprit avec détail”, a assuré son avocat, Me Georges Kiejman, en indiquant qu’une perquisition avait eu lieu dans le bureau du secrétariat de la milliardaire. Lors de cette audition, l’héritière de L’Oréal a été questionnée sur les deux comptes qu’elle détient en Suisse, dotés de plusieurs dizaines de millions d’euros, mais aussi sur le statut juridique de l’île d’Arros, aux Seychelles, et sur “ses relations avec Eric Woerth”, selon son entourage. Interrogée sur des chèques adressés à plusieurs responsables politiques, la milliardaire a assuré à plusieurs reprises ne pas se souvenir de tels versements. “C’est mon mari qui s’occupait de cela”, a précisé la milliardaire, qui a dit ne se souvenir que d’un chèque signé début 2006 à l’attention de Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture, selon Le Figaro daté de mercredi. Alors que peu d’éléments nouveaux ont été apportés par cette audition à forte portée symbolique, les regards se tournent désormais vers Eric Woerth, qui doit également être entendu par la brigade financière. Annoncée pour mardi par plusieurs sources proches du dossier, cette audition “aura lieu prochainement, mais pas aujourd’hui”, a annoncé à l’AFP une porte-parole du parquet de Nanterre, sans préciser la date de l’audition.

Présenté comme un potentiel Premier ministrable il y a encore quelques semaines, M. Woerth s’est retrouvé au coeur d’une tempête politico-judiciaire avec la révélation mi-juin d’enregistrements clandestins réalisés au domicile de Liliane Bettencourt. Ces enregistrements suggèrent des opérations de fraude fiscale dans la gestion de la fortune de la milliardaire mais aussi un possible conflit d’intérêts avec l’ex-ministre du Budget puisque son épouse a travaillé deux ans et demi dans la société Clymène, chargée de cette gestion. Durant son audition, M. Woerth, qui s’est dit à plusieurs reprises “impatient” de s’expliquer, sera principalement interrogé sur les soupçons de conflit d’intérêts liés à l’embauche de son épouse Florence par le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, en 2007. Selon une source proche du dossier, il sera également interrogé sur les accusations de financement politique illégal portées par l’ancienne comptable de Mme Bettencourt, Claire Thibout.

Dans un entretien accordé le 6 juillet à Mediapart, Mme Thibout a assuré que le ministre du Travail, également trésorier de l’UMP, avait reçu 150.000 euros en espèces de Mme Bettencourt, au printemps 2007, pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Des accusations qualifiées de calomnieuses par M. Woerth et l’Elysée. En fin de semaine dernière, la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui enquête sur les faits d’abus de faiblesse contenus dans les enregistrements pirates, a entendu l’ancienne femme de chambre de la milliardaire et son ex-infirmière, indique par ailleurs mardi soir Mediapart. Selon le site internet, les deux anciennes employées ont décrit une femme “sous influence”, confirmant les affirmations de Mme Thibout, qui avait évoqué devant la juge des “petits mots” que l’héritière de L’Oréal apprenait par coeur avant des rencontres importantes.

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