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Le FN cherche un successeur à Jean-Marie Le Pen

Après son succès aux régionales et avant de tenter de le confirmer aux cantonales, le Front National entre en campagne interne pour désigner le successeur de son président-fondateur Jean-Marie Le Pen, lors d’un congrès dont la date pourrait être décidée la semaine prochaine.

Le parti d’extrême droite réunit lundi 12 avril son bureau politique qui “va probablement décider de la date du congrès”, a indiqué Jean-Marie Le Pen, qui préside toujours à bientôt 82 ans le mouvement qu’il a fondé en 1972, et qui doit passer la main à cette occasion.

Ce bureau politique “va sans doute désigner un secrétaire général chargé de l’organisation du congrès, et probablement en décider la date. Il faut arrêter une décision à un moment donné”, dit Jean-Marie Le Pen.

“Ce sera un grand congrès. D’abord parce que, historiquement, le président va changer. Cela sera la première fois depuis 39 ans!”, dit-il, faisant désormais fi du flou qu’il affectionnait auparavant sur le calendrier de son départ.

Deux candidats sont déclarés, qui sont les deux vice-présidents exécutifs du FN : Marine Le Pen, 41 ans, fille du président et nouvelle star des médias, élue régionale en Nord-Pas-de-Calais; Bruno Gollnisch, 60 ans, vieux compagnon de route, élu en Rhône-Alpes. Tous deux sont députés européens.

Le congrès aura-t-il lieu à l’automne, comme le souhaite Marine Le Pen, ou au printemps, comme l’aurait voulu son actuel président ? “C’est vrai que Marine pense qu’il ne faut pas que ce soit trop près de l’ouverture de la campagne des présidentielles”, affirme Jean-Marie Le Pen, “d’un autre côté, il y a l’impératif des cantonales. Il ne faut pas non plus que la campagne interne – et j’espère qu’elle sera digne et modérée – interfère avec la campagne des cantonales, en mars”, dit-il.

Et “entre l’automne et le printemps, il y a l’hiver…”, s’amuse le patron du FN, selon qui la question de la date relève aussi de considérations d’ordre financier, du prix des salles, ou de leur disponibilité. Le FN cherche une salle “qui dépasse 1.000 personnes. Or, des centres qui ont ce genre d’espaces, il y en a très peu”, dit-il.

Une fois le calendrier fixé, les candidats déclarés, qui doivent recueillir vingt signatures de secrétaires départementaux du FN, prendront leur bâton de pèlerin pour convaincre les militants, une carte valant une voix.

“Ce qui est déterminant pour moi, c’est que le nouveau président soit choisi de telle sorte qu’il puisse continuer l’action du FN dans la direction où il a été mené”, dit M. Le Pen. Mais “tout le monde est obnubilé par le passage de témoin. Or le congrès va aussi donner les grandes lignes de l’action” pour les années à venir, dit-il.

Le FN, donné quasi moribond avant les régionales, a créé la surprise à ce scrutin en enregistrant, au premier tour, un score de 11,42%, et de 17,8% au second dans les douze régions où il a pu se maintenir.

Il y a depuis “un grand aficion” pour le FN, assure son dirigeant qui affirme avoir gagné “plusieurs milliers d’adhérents nouveaux”. Il compte en profiter pour les cantonales et, par delà, les législatives, avec l’intention de présenter des candidats partout.

Jean-Marie Le Pen n’a quant à lui “pas de pincement au coeur”. Député européen, nouveau conseiller régional de Paca, il compte garder son bureau au FN pour assumer le rôle de président d’honneur. Tout en s’obligeant, au moins deux heures par jour, à rédiger ses mémoires en forme de “saga familiale”, dit-il, racontant ses 60 ans de vie publique.

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