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Le Français à la carte

Article paru dans France Amérique n°9, du 16 août au 13 septembre 2007

À New York, cette rentrée scolaire sera différente pour les inscrits dans les classes bilingues de trois écoles publiques, PS 125 (entre Columbia et Harlem), PS 58 (situé à Brooklyn dans le quartier de Carroll Gardens) et le collège CIS 22 dans le Bronx. “Chacune de ces écoles consacrera une ou deux classes au programme d’immersion, comprenant entre 40 et 60 enfants. C’est à la discrétion de l’établissement de choisir la formule la plus adaptée : anglais le matin et français l’après-midi, ou choix de certaines disciplines dans l’une ou l’autre langue“, explique Maria Santos, Senior Instructional Manager for the Office of English Language Learners and Foreign Language au sein du département d’éducation de la ville. Dans le jargon des sciences de l’éducation, on appelle cela l’immersion partielle (50%) par opposition à l’immersion totale (tous les programmes sont enseignés dans une langue étrangère dans le primaire, puis 20 à 50% dans les classes supérieures), ou encore le “two way immersion” lorsque deux tiers des enfants ont comme langue natale, la langue étrangère enseignée. Ces programmes ont été lancés aux États-Unis en 1971. Spécialiste de ces questions, Maria Santos, d’origine espagnole, a travaillé sur des programmes d’immersion à San Francisco que son fils bilingue a d’ailleurs suivi. Aujourd’hui l’initiative new-yorkaise est menée conjointement par le département d’éducation, l’association de parents d’élèves regroupés au sein de l’Éducation Française à New York (EFNY) créée en 2005, le French Institute Alliance Française (FIAF) et les services de l’Ambassade de France. Le gouvernement français fournira des manuels scolaires en français, proposera des formations pour les professeurs et offrira une assistance logistique et financière. “Les écoles doivent bien sûr engager pour ces programmes des professeurs bilingues ou avec une maîtrise parfaite de la langue“, précise Maria Santos.
L’expérience des écoles d’immersion montre que les enfants maîtrisent la langue étrangère au bout de 4 à 5 ans, et que ces enfants obtiennent en général les meilleurs résultats dans toutes les matières“, explique la responsable qui travaille en étroite collaboration avec le CAL (Center for Applied Linguistics). Ce centre de recherche suit depuis plusieurs années 310 programmes d’immersion en langue étrangère menées au sein de 263 écoles, dans 33 états américains. 42,6% des enseignements concernent l’espagnol, 29 % le français, 8,4 % l’hawaïen, 7,1% le japonais, 3,9% le mandarin, 3,2% l’allemand. Pour l’enseignement de la langue française, c’est bien sûr l’État de Louisiane qui vient en tête. Les programmes d’immersion y sont nombreux, 30, même si l’ouragan Katrina a obligé certains établissements scolaires à fermer leurs classes par manque d’enfants et de moyens. Le fonds FACE des services culturels de l’ambassade de France a attribué récemment $ 7000 pour développer le site www.frenchimmersionusa.org, afin de faciliter l’enseignement du français en Louisiane.
Souvent disponibles dans le primaire, les enseignements en langue étrangère se raréfient au niveau du collège et du lycée. “Après cela dépend beaucoup de l’intérêt des parents. S’ils sont très motivés, ils chercheront à mettre leurs enfants dans une école offrant ce genre de discipline. Mais ici, au département d’éducation, nous sommes à l’écoute de la communauté et si les parents nous demandent plus de programmes d’immersion dans les grandes classes nous irons dans cette direction”, reprend Maria Santos. En 2006, le Président Bush lançait le National Security Language Initiative encourageant l’étude des langues étrangères. Un contexte décidément favorable pour le développement des programmes d’immersion.

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