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Le français aux États-Unis :

Extrait de France-Amérique n°12, du 31 octobre au 20 novembre 2007

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L’annonce cet été de l’ouverture de classes bilingues dans 3 écoles publiques de New York confirme la tendance de l’AEFE à encourager l’ouverture des écoles françaises vers le système scolaire américain.

En tout, il y a 38 écoles homologuées par l’Agence de l’Enseignement du Français à l’Étranger sur le territoire américain, 11 autres écoles sont reconnues comme écoles françaises ou comprenant la langue française dans leur cursus, mais ne sont pas homologuées. Quelle est la différence ? Une école homologuée est d’abord une école qui respecte les programmes scolaires français, ce qui implique une organisation conforme aux méthodes pédagogiques françaises, et une adaptation aux besoins linguistiques des élèves en fonction de leur langue maternelle. Par exemple, outre le français – la grammaire, la conjugaison, l’orthographe, la lecture, l’écriture – les cours d’histoire-géographie seront donnés en majorité
en français, et peuvent être complétés par des cours d’histoire et de géographie des États-Unis en anglais souvent
inclus dans les cours de « Social Studies ». Il en va de même pour les sciences. Dans le cadre de l’homologation,
les mathématiques et la géométrie sont le plus souvent enseignés en français au primaire, car l’approche française de cette matière est assez différente de l’approche anglo-saxonne.

Au total, le nombre d’heures de cours en français doit être au moins égal à la moitié du temps d’enseignement. Même si les écoles peuvent dépasser le quota français des 26 heures de cours par semaine, un important travail d’harmonisation des différents programmes doit être effectué pour que la charge de travail des élèves ne soit pas excessive tout en leur garantissant une véritable formation biculturelle. Cet exercice, relativement facile au primaire, devient beaucoup plus compliqué à partir de la 6e, d’ailleurs beaucoup d’écoles (environ la moitié) ne sont pas homologuées au-delà du CM2.

À partir du collège, les matières et ’organisation du temps scolaire du système français et du système américain
diffèrent beaucoup. Les programmes américains sont moins lourds, mais ne plus grande place est accordée à
la pratique et à l’expérimentation ainsi qu’aux activités extrascolaires, alors que le système français privilégie une
méthode plus déductive qui va de la théorie à la pratique.

Financièrement, les écoles homologuées sont souvent entièrement privées pour les raisons que l’on vient d’évoquer plus haut – la nécessité de coller au programme français et de se détacher du système local effraie – d’où un coût de scolarité élevé. Des sections bilingues françaises dans des écoles publiques et gratuites représentent donc un grand avantage sur le plan financier, même si les enseignements dispensés ne sont pas du tout comparables à ceux des écoles « françaises ».

Plusieurs académies françaises développent actuellement des accords avec des états américains pour permettre l’embauche d’enseignants français, qui apportent avec eux les méthodes éducatives propres à la culture française.
L’idéal étant, comme pour les « charters schools », financées par les états, ou les écoles « dual language » à New
York, financées par la ville, une école publique gratuite, où sont dispensés des cours d’immersion en français dès le plus jeune âge. Donc nul besoin d’être déjà francophone ou issu d’une famille francophone pour y accéder, tous les élèves locaux y sont accueillis. Libre aux francophones de s’installer à proximité pour en bénéficier.

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