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Le Français qui a ressuscité une langue morte d’Alaska

Guillaume Leduey passe le plus clair de son temps dans le grand Nord américain, sur les traces de la culture Eyak. Le jeune Havrais, amoureux des mots et des dialectes, a en effet décidé de faire revivre la langue disparue de cette tribu d’Alaska. Un documentaire intitulé “Sur le bout de la langue”, en quête de financement via la plateforme Kiss Kiss Bank Bank, revient sur cette incroyable découverte.

Guillaume Leduey a une mission. Cet étudiant havrais de 24 ans s’est mis en tête de ressusciter la langue Eyak, du nom d’un peuple indien d’Alaska, qui a disparu en 2008 en même temps que sa dernière locutrice Marie Smith Jones. Le Français, qui a effectué son premier séjour dans le Nord Ouest du continent Américain en 2009, passe dorénavant une grande partie de son temps en Alaska afin de mettre en place son projet, “de création d’une plateforme éducative afin de réunir les descendants de cette tribu et de motiver ces personnes à apprendre la langue”. “Je rencontre de nombreux descendants d’Eyak – dont la fille de Marie Smith Jones- qui se réjouissent à l’idée d’une possible renaissance du dialecte de leurs ancêtres”, souligne le Normand.

Associé dans ce projet à deux spécialistes de cette langue, le linguiste Michael Krauss et la journaliste Laura Bliss-Stann, Guillaume Leduey profite de ses séjours dans le grand nord pour arpenter les terres anciennement occupées par les Eyaks, afin d’observer leur cadre de vie. “C’est la plus petite tribu indienne ayant vécu sur le territoire alaskien” précise le Havrais . Il ajoute que “le groupe vient de la partie centrale de l’État mais a dû migrer vers le sud afin de fuir les conflits tribaux qui minaient, à l’époque, leur région d’origine”.

Un documentaire sur son histoire

“J’ai entendu mes premiers mots en langue Eyak à l’âge de 13 ans, après avoir consulté la section langue de l’Encyclopédie Encarta sur Internet”, précise le jeune homme. “Après plusieurs recherches, je m’étais également rendu compte à l’époque qu’il ne restait plus qu’une seule personne qui parlait cette langue. “Peu de temps après sa découverte de l’Eyak, Guillaume Leduey cherche des documents liés à cette langue afin de commencer à l’apprendre. L’adolescent commence alors une correspondance avec Michael Krauss et Laura Bliss-Stann qui débouchera finalement, en 2009, sur son premier séjour en Alaska. “Les gens ont été surpris qu’un jeune Français s’intéresse à cette culture” sourit-il encore aujourd’hui.

Passionné de langues — “J’ai toujours aimé les sons, les paroles et les cultures” glisse-t-il —, Guillaume est désormais assistant de recherches linguistiques à l’université de Fairbanks, et travaille sur la création d’un dictionnaire Eyak-Anglais, pour lequel il a déjà rédigé quelques 3 000 pages manuscrites. Son histoire originale a également suscité la curiosité de deux journalistes français, Vincent Bonnay et Marie-Christine Carfantan qui ont décidé de réaliser un documentaire sur l’aventure du jeune havrais, intitulé “Sur le bout de la langue”. “C’est un coup de projecteur immense pour la culture Eyak. Je suis très content de savoir que l’on va pouvoir faire parler un peu plus du Eyak par le biais de ce film”, se réjouit Gullaume Leduey.

Quelques mots Eyak :

Bonjour ‘iishuh?   (littéralement, “est-ce que c’est toi ?” la réponse
est ‘aan qui signifie “oui“.)
Comment vas-tu ? k’eet ‘iit’eh?
Je vais bien k’udzuu xiłeh
Merci ‘awa’ahdah
Au revoir q’ahdi’lah

Pour aider au financement du documentaire “Sur le bout de la langue” : www.kisskissbankbank.com/sur-le-bout-de-la-langue

 

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