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Le Goncourt à Pierre Lemaitre et le Renaudot à Yann Moix

Le prix Goncourt a été attribué lundi à Pierre Lemaitre pour Au revoir là-haut (Albin Michel), roman sur les démobilisés de la Première guerre mondiale, tandis que le Renaudot est allé à Yann Moix pour Naissance (Grasset), épais roman centré sur l’enfer des relations parents-enfant.

L’attribution des deux prix a été annoncée, comme le veut la tradition, au restaurant parisien Drouant. Les jurés du Goncourt ne sont sont mis d’accord qu’au douzième tour sur Au revoir là-haut (Albin Michel), époustouflant roman sur une génération perdue, les démobilisés de la Première guerre mondiale, sacrifiés par une France exsangue après quatre ans d’horreur dans les tranchées.

L’auteur, qui était l’un des favoris, a été choisi par le jury par six voix contre quatre à Frédéric Verger pour son premier roman, Arden (Gallimard). En revanche, les jurés du Prix Renaudot se sont mis d’accord dès le premier tour sur Naissance de Yann Moix, un ouvrage dense de près de 1 200 pages qui débute par la venue au monde de l’auteur sous les insultes de ses parents.

Naissance a remporté 6 voix. Le reste des voix s’est réparti sur Etienne de Montéty pour La Route du salut (Gallimard), Charif Madjalani pour Le dernier seigneur de Marsad (Seuil), et Romain Puértolas L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Le Dilettante). Le prix Renaudot dans la catégorie Essais a été attribué à Gabriel Matzneff pour Séraphin, c’est la fin (Table Ronde).

Sur 109 prix remis, 99 récompensent des hommes

Bernard Pivot, l’un des jurés Goncourt, a salué le lauréat Pierre Lemaitre, vantant “le mélange d’une écriture très cinématographique” dans ce “roman populaire, dans le bon sens du terme”. Pierre Le maitre “écrit à la fois lentement et vite, parce qu’il prend son temps pour raconter un geste ou une action mais avec des mots fulgurants”, a dit Bernard Pivot. Il a souligné l’importance du choix de l’après-guerre de 1914 comme contexte, qui montre que “l’horreur continuait” après la guerre dont on s’apprête à célébrer le centenaire.

Frédéric Beigbeder, juré Renaudot a quand à lui salué le “livre délirant et monumental” de Yann Moix, bâti “sur une idée très simple : notre vie consiste à choisir nos parents et ceux qui nous aident à naître, et pas forcément nos géniteurs”.

Avant l’annonce des prix, alors que journalistes et photographes se bousculaient, une petite dizaine de militantes du mouvement féministe La Barbe ont brièvement pénétré dans le restaurant Drouant pour lire un manifeste de protestation contre le manque de femmes dans les jurys et la liste des candidats. “Messieurs de l’Académie Goncourt, La Barbe est à vos côtés pour célébrer la gloire du verbe masculin”, a lancé une militante. “Chers jurys du Goncourt, en 110 ans, et 109 prix remis, vous avez honoré 99 fois de mâles et talentueux écrivains”, ironisait le mouvement sur son compte Twitter.

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