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Le gouvernement américain va demander la saisie de biens de Ruth Madoff

Le gouvernement américain va demander la saisie de biens de Ruth Madoff, dont la maison du Sud de la France. Elle n’est pas impliquée dans la gigantesque fraude dont est accusé son époux Bernard Madoff, incarcéré depuis jeudi dernier après avoir plaidé coupable.

Un document publié lundi par le parquet énumère 18 types de biens mobiliers ou immobiliers dont le gouvernement va demander la saisie dans le cadre de l’action pénale intentée par les Etats-Unis contre Bernard L. Madoff.

Cette liste comporte notamment des actions, des parts de copropriété à New York, en Floride ou au Cap d’Antibes, dans le sud de la France, quatre voitures, un piano Steinway, un service d’argenterie et deux comptes au nom de Mme Madoff sur lesquels se trouvent environ 63 millions de dollars. Selon le Business Insider, le “chateau français” de Madoff serait localisé 150 Chemin de la Garoupe à Cap D’Antibes (Voir photo).

Plusieurs des propriétés sont exclusivement au nom de l’épouse de l’homme d’affaires, dont trois yachts ou vedettes de pêche baptisés “Bull”, “Sitting Bull”, ou “Little Bull”.

Le document cite un compte ouvert au nom de Mme Madoff auprès de “Cohmad Securities Corp.” à New York, sur lequel se trouvent “au moins 45 millions de dollars d’obligations” émises par les collectivités publiques. “Environ” 17 millions de dollars se trouvent sur un autre compte à son nom auprès de la banque Wachovia, selon le procureur Lev Dassin.

“Cela signifie que le gouvernement est persuadé que ces biens ont été acquis avec des fonds illégalement obtenus”, et pas forcément que Mme Madoff pourrait être accusée à son tour, a commenté dans une interview à l’AFP Jacob Frenkel, ancien enquêteur de la SEC –le gendarme boursier américain– et ancien procureur fédéral.

“Personne ne croit que cet homme a fait marcher son affaire tout seul”, a estimé pour sa part Judith Welling, une retraitée victime de Madoff, chez qui elle avait investi environ 1,5 million de dollars dans les années 90.

“Et elle (Ruth Madoff) travaillait à temps partiel comme comptable, elle ne pouvait pas ne pas être au courant”, a ajouté Mme Welling dans une interview à l’AFP. “Mais le délit de complot est très difficile à prouver”, reconnaît-elle.

Les onze chefs d’inculpation dont Bernard Madoff s’est reconnu coupable devant le tribunal jeudi dernier ne comportent pas le délit de “complot”: l’homme d’affaires déchu est à ce jour le seul accusé dans la fraude, qui a atteint selon ses propres calculs quelque 50 milliards de dollars et grugé institutions caritatives, personnalités fortunées, universités ou banques à travers le monde.

Selon des documents rendus publics par le tribunal vendredi dernier, Bernard Madoff et son épouse menaient une vie luxueuse et le montant de leurs avoirs s’élevait à 823 millions de dollars. Ruth Madoff est l’unique propriétaire d’une grande partie des biens, d’après la liste transmise par le parquet lundi.

Les avocats de Bernard Madoff ont fait appel de la décision d’incarcération prise jeudi dernier, et la cour d’appel doit statuer jeudi prochain sur cette question.

L’avocat Ira Lee Sorkin a souligné devant le tribunal jeudi dernier que son client ne pouvait pas nuire, ni fuir, et qu’il pouvait attendre la sentence, dont l’énoncé a été fixé au 16 juin, dans son appartement de l’Upper East Side (nord-est de Manhattan) où il a été assigné à résidence pendant trois mois après son arrestation le 11 décembre dernier.

Le procureur a annoncé qu’il allait requérir le maximum des peines prévues pour tous les chefs d’inculpation, ce qui équivaudrait à 150 ans de prison pour Bernard Madoff, qui est âgé de 70 ans.

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