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Le gouvernement Ayrault, sans Aubry, connu en fin de journée

La composition du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, auquel n’appartiendra pas la patronne du PS Martine Aubry, devrait être connue “plutôt en fin de journée”, au terme des derniers arbitrages rendus par François Hollande et son Premier ministre.

L’Elysée, qui avait annoncé dans un communiqué que l’annonce par le secrétaire général René-Pierre Lemas interviendrait à 16H00, a fait machine arrière: elle interviendra “plutôt en fin de journée”, a indiqué la présidence. Après avoir pris ses fonctions à Matignon, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait assuré que le gouvernement serait connu en “fin d’après-midi”. “Les choses avancent bien”, avait ajouté M. Ayrault, quelques minutes après la passation de pouvoir et un entretien d’une demi-heure avec son prédécesseur François Fillon.

Le nouveau chef du gouvernement, 62 ans, chef de file des députés PS pendant 15 ans, a confirmé que le premier Conseil des ministres se tiendrait jeudi, avant le départ de François Hollande aux Etats-Unis pour les sommets G8/Otan. Cet ancien professeur d’allemand, dont la nomination n’a pas été une surprise malgré l’évocation d’une ancienne condamnation pour des faits de favoritisme, a en outre redit son “émotion” et sa “fierté”.

Il a ensuite pris le chemin de l’Elysée pour poursuivre l’élaboration du gouvernement, au sujet duquel la seule certitude en début d’après-midi demeurait l’absence de Martine Aubry. Mme Aubry a assuré que cette décision avait été prise “en bonne entente” avec François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

“Dans cette configuration, on est convenu, en bonne entente, que ça n’avait pas de sens que je sois au gouvernement. (…) Il n’y a eu ni proposition, ni tractation”, a déclaré à l’AFP la maire de Lille, qui faisait partie de la courte liste des prétendants à Matignon.” Nous avons convenu tous les trois que, dans ces circonstances, l’endroit où je suis le plus utile, est d’être à la tête du Parti socialiste pour être auprès de Jean-Marc Ayrault, chef de la majorité. Je conduis la campagne (des législatives des 10 et 17 juin) pour les socialistes”, a-t-elle poursuivi.

Publiquement, à plusieurs reprises, François Hollande avait cependant affirmé que son Premier ministre serait chargé de conduire la bataille des législatives. L’UMP s’est engouffrée dans la brèche, son secrétaire général Jean-François Copé ironisant sur “la naissance d’une forme de cohabitation interne au PS”. “Chacun connaît la détestation profonde entre Martine Aubry et François Hollande”, a-t-il avancé.

Autre angle d’attaque retenu par l’ex-parti présidentiel, la cérémonie de passation de pouvoir de mardi à l’Elysée, lors de laquelle M. Copé a dit avoir vu chez François Hollande “l’homme d’un clan”. Il a déploré son inélégance, pour n’avoir “pas trouvé un mot pour rendre hommage à cinq années d’action de Nicolas Sarkozy” et ne pas l’avoir raccompagné “jusqu’à sa voiture”. François Fillon, le principal rival de Jean-François Copé pour le contrôle de l’UMP, n’a, lui, fait aucune déclaration à son départ de Matignon où, en compagnie de son épouse Pénélope, il a été applaudi par son équipe.

L’unique Premier ministre du quinquennat Sarkozy doit dans un premier temps se consacrer à sa campagne pour les législatives à Paris. Pour le reste, au petit jeu des pronostics Manuel Valls était donné entrant au gouvernement (à l’Intérieur), Marisol Touraine aux Affaires sociales et Pierre Moscovici au Quai d’Orsay ou à Bercy. Laurent Fabius a aussi été cité pour les Affaires étrangères, Bertrand Delanoë pour la Justice (ou Christiane Taubira), Cécile Duflot à l’Environnement et Marylise Lebranchu à l’Agriculture.

Le président devra inclure de nouvelles têtes, afin de résoudre l’équation d’un gouvernement paritaire, intégrant les nouvelles générations et des représentants de la diversité. En fin de campagne, M. Hollande avait aussi confié qu’il serait amené à faire “des choix de raison”, et non de coeur, laissant au bord du chemin des amis et proches de longue date. Ces derniers jours, plusieurs “hollandais” de la première heure ne cachaient pas leur inquiétude.

Le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, cité de longue date pour l’Intérieur, a annoncé mercredi qu’il ne serait pas du gouvernement. Celui-ci sera probablement remanié en fonction des résultats des législatives, le pire scénario, brandi par la droite, étant celui d’un “troisième tour” aboutissant à une cohabitation. D’ici là, Jean-Marc Ayrault aura déjà eu du pain sur la planche, avec la mise en place des premières mesures du quinquennat, comme l’abrogation du décret sur l’évaluation des enseignants ou la réforme des retraites pour les carrières longues, une des promesses du programme de M. Hollande.

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