Subscribe

Le gouvernement exhorte l’islam de France à clarifier son financement

Le gouvernement français à exhorté l’Islam de France à clarifier son financement des lieux de cultes qui provient de dons de fidèles, d’une fondation paralysée depuis quatre ans et aussi de pays étrangers à l’influence desquels il veut le soustraire.

Jeudi, Manuel Valls, inaugurant la grande mosquée de Strasbourg, a lancé: “il est temps que l’Islam de France prenne ses responsabilités et s’organise pour traiter avec l’Etat les vrais problèmes”, citant notamment “le financement des lieux de cultes”. De source proche du ministère de l’Intérieur, on estime qu’il s’agit d’une “mise en demeure de faire fonctionner la Fondation des oeuvres de l’islam”, créée en 2005 pour financer la construction et l’entretien des mosquées, la formation des imams et les instances représentatives.

Or, la Fondation, présidée – au départ pour deux ans – par le Recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur est paralysée, privant le Conseil français du Culte musulman (CFCM) des ressources nécessaires à son fonctionnement. Ainsi, son président Mohammed Moussaoui a-t-il dû se priver de secrétaire, faute d’argent. “Depuis 2008, M. Boubakeur n’a fait que travailler à empêcher de faire fonctionner cette fondation”, souligne-t-on de même source proche du ministère.

La Fondation, créée à l’initiative de Dominique de Villepin, avait pris son élan alors que Michelle Alliot-Marie était ministre de l’Intérieur, en charge des Cultes, rappelle Abdallah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie, instance qui dépend du CFCM. “Elle avait été dotée initialement de 2 millions d’Euros par l’avionneur Dassault, précise-t-il, lequel avionneur avait rapidement retiré un million d’euros, face à la zizanie régnant entre les différentes mouvances musulmanes”.

Parmi les principales fédérations, la Grande Mosquée de Paris est notamment financée par l’Algérie, le Rassemblement pour les Musulmans de France, dont est issu Mohammed Moussaoui est pro-marocain, l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) est proche des Frères musulmans et récuse officiellement toute intervention étrangère. La loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat n’autorise aucun financement des lieux de cultes.

Les fonds dorment

La Fondation, qui devait verser une subvention votée de 150.000 euros au CFCM, n’a débloqué qu’un tiers de la somme à ses débuts, mais rien depuis 2008.”Depuis, les fonds déposés à la Caisse des Dépôts et Consignations dorment, sans que rien ne se passe et s’effritent à raison de 2,5% par an pour les frais d’entretien”, rappelle-t-on de source proche du ministère.”En outre, souligne Abdallah Zekri, “qui regrette l’inaction des membres fondateurs, ni le Conseil d’Administration ni le Bureau exécutif de la fondation des oeuvres de l’islam, n’ont été réunis depuis 2008”.

Le recteur de la Grande Mosquée a déclaré que “la fondation est en sommeil parce que son fonctionnement n’a pas permis de faire face à ses obligations”, ajoutant que “le financement du CFCM n’est pas prévu dans les statuts de la fondation, sauf vote spécial du Conseil d’administration”.”La Fondation pour les oeuvres de l’Islam de France était une initiative pertinente”, a jugé M. Valls regrettant que “le musulman se prive d’un outil pertinent, efficace et transparent”. Il a annoncé des initiatives pour “bientôt”.

L’annonce montre sa détermination à clarifier la situation. Faute de quoi, “cette mise en demeure pourrait aller jusqu’à la dissolution de la Fondation”, indique-t-on de source proche du ministère.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related