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Le gouvernement veut relancer les naturalisations avec des critères assouplis

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a souhaité jeudi relancer les naturalisations en assouplissant les critères imposés par le gouvernement précédent, préférant une vision de la France “terre d’accueil” à celle “qui regarde le monde avec méfiance”.

Il faut “redresser la courbe du nombre de naturalisations” qui ont chuté de 30% entre 2010 et 2011 à cause de “consignes de durcissement” transmises par l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, a-t-il dit lors d’une cérémonie de naturalisation à Toulouse. Manuel Valls, qui fut lui-même naturalisé français à 20 ans juste après l’élection de François Mitterrand, a notamment ouvert l’accès à la nationalité aux salariés précaires et aux étudiants. “Je refuse l’idée que seuls les détenteurs d’un CDI puissent devenir français”, a-t-il dit. L’absence de contrat à durée indéterminée justifiait dernièrement près de 40% des refus.

Le ministre a par ailleurs enterré définitivement les questionnaires à choix multiples sur l’histoire ou la culture française, prévu dans une loi entrée en vigueur le 1er juillet mais jamais appliquée. “On ne devient pas Français en répondant à un QCM!, a-t-il lancé. Une circulaire précisant ces nouveaux critères a été adressée jeudi aux préfets. Elle leur demande également de “prendre en compte le potentiel” des jeunes diplômés, notamment les plus brillants, et de présumer “l’assimilation” des jeunes ayant effectué une grande partie de leur scolarité en France. M. Valls a toutefois insisté sur la nécessaire adhésion aux valeurs de la République qu’il a exaltées: liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité et solidarité. La naturalisation “doit demeurer la conclusion logique d’un parcours d’intégration réussi”, a-t-il souligné.

“Tous les critères” remis à plat

Pour ce faire, le ministre a envoyé une autre circulaire aux préfets précisant les modalités de la “Charte des droits et devoirs du citoyen français” que les postulants doivent signer pour avoir droit à devenir Français. De même, une maîtrise de la langue française correspondant à un niveau de troisième reste exigée. Les deux circulaires seront suivies, début 2013, d’une circulaire-cadre qui “remettra à plat tous les critères et leur condition d’appréciation”, a dit M. Valls.

“La France est une terre d’accueil. J’aime ce pays qui, un jour, a fait de moi l’un des siens”, a-t-il dit, en s’en prenant vivement à la politique du précédent gouvernement qui a fait chuter le nombre des naturalisations de 116.000 en 2010 à 87.000 en 2011. “L’accès à la nationalité française a été entravé, empêché”, a-t-il affirmé. Cette politique était le reflet d’une “France qui doute, qui regarde le monde avec méfiance et cède, alors, à la tentation du repli”, a-t-il déclaré en fustigeant au passage le débat sur l’identité nationale qu’il refuse de rouvrir.

La droite l’a immédiatement accusé de “brader” la nationalité. “La nationalité française doit se mériter (…) Vouloir la brader (…) est totalement irresponsable et dangereux”, a estimé Eric Ciotti, secrétaire national de l’UMP à la sécurité. “Manuel Valls veut encourager la naturalisation pour favoriser l’intégration c’est un contre-sens absolu”, a renchéri le député UMP Guillaume Larrivé, spécialisé dans les questions d’immigration.

Au Front national, Marine Le Pen s’est élevée contre une nationalité française donnée comme “des tickets de métro”. Au cours de son déplacement toulousain, Manuel Valls doit ensuite rencontrer des proches de soldats victimes de Mohamed Merah puis des représentants de la communauté juive.

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