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Le handball, d’exemple à paria du sport français

Des cotillons aux gyrophares, de la plus haute marche du podium olympique à la banquette arrière d’une voiture de police: le handball tombe de très haut avec l’affaire des paris sportifs qui le fait passer de modèle érigé en exemple au paria des sports français.

“Déjà le coup du plateau télé à Londres, ça faisait désordre”, rappelle l’ancien sélectionneur Daniel Costantini en référence au démantèlement du plateau de L’Equipe TV par son successeur Claude Onesta, Nikola Karabatic et quelques autres champions olympiques au soir du sacre le 12 août dernier. Un incident pour lequel Onesta a fini par s’excuser, via communiqué, mais qui n’a finalement pas eu de conséquence, grâce essentiellement à la belle image dont jouissait un sport au sommet de sa puissance. “Je pense que je ne serais plus là, moi, j’aurais dû démissionner”, a seulement fait remarquer Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France de football, quelques jours plus tard dans un entretien à L’Equipe.

Mais l’histoire du plateau TV n’est rien à côté du tsunami qui déferle sur le handball avec l’affaire des paris sportifs qui a conduit dimanche à l’interpellation de 17 personnes, dont neuf joueurs ou ex-joueurs de Montpellier. En termes d’image c’est un désastre, avant même qu’on connaisse l’issue de l’enquête et les sanctions. “C’est une épreuve. On pouvait penser le hand à l’abri d’une affaire comme ça. La preuve que non”, admet Joël Delplanque, le président de la Fédération française qui n’a cessé de mettre en avant ces dernières années les “valeurs” accompagnant les succès à répétition des Bleus.

Longtemps brocardé comme étant un “sport de profs de gym”, le handball était en pleine croissance, avec une vitrine, l’équipe de France, superbe, et un championnat ayant l’ambition de devenir rapidement le meilleur du monde. Avec un salaire mensuel brut de 6 000 euros en moyenne en D1, le handballeur était érigé en contre-exemple des millionnaires du foot.

“On ne renie pas nos valeurs”

D’autant que même les rares exceptions qu’on pourrait rapprocher du “star système”, comme Nikola Karabatic et son salaire annuel de 500.000 euros -sans compter les revenus équivalents que lui rapportent ses sponsors-, restaient des personnages humbles et accessibles. Invités réguliers à l’Elysée, les “Experts” étaient devenus le symbole de la France qui gagne avec style et en toute modestie. “Le jour où on va perdre les valeurs, où le fric nous aura fait devenir +con+, on sera mort. Les discussions que j’ai avec mes deux sélectionneurs tournent toujours autour de: Comment garder les valeurs, comment rester nous-mêmes, rester humbles, au service du groupe?”, expliquait le directeur technique national Philippe Bana en décembre.

Relancé lundi, le DTN a déclaré: “Nos valeurs, on ne les renie pas”, tout en appelant à “arrêter les amalgames insupportables” et de confondre les errements présumés de quelques personnes avec un sport qui “fait jouer tous les samedis un demi-million de personnes et qui se porte bien”. “Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier”, a également déclaré Jérôme Fernandez, le capitaine de l’équipe de France, qui parle d’une “bêtise de quelques joueurs” lesquels “n’ont tué personne”. “Ca reste des actes isolés et on saura montrer que le handball ce n’est absolument pas ça”, abondait le directeur général de la Ligue, Etienne Capon.

Mais M. Bana a convenu aussi qu’il n’y avait “pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre”. “On est dans un monde où l’argent existe, où il y a des tentations et nous il faut qu’on se batte contre ça.” Depuis dimanche soir, le handball se bat aussi pour sa réputation.

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