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Le jour où Obama a viré en tête

Grâce à sa triple victoire dans les primaires du Potomac, mardi soir, Barack Obama mène désormais la course à l’investiture démocrate. Côté Républicain, John McCain enregistre le soutien de Mitt Romney, et s’impose de plus en plus comme le candidat du parti.

Après la tonitruante nuit du Super Tuesday, qui avait vu les deux candidats démocrates rester au coude à coude, la principale difficulté consistait à se remettre en selle. Il apparait objectif de dire que cela a été chose faite pour Barack Obama avec sept victoires sur les sept dernières primaires. En effet, le scrutin du Potomac, du nom du fleuve local, a déclaré le sénateur de l’Illinois vainqueur en Virginie, dans le Maryland et dans la capitale fédérale Washington. Si ces victoires sont bien évidemment déterminantes, c’est davantage leurs conséquences qui se révèlent historiques. Barack Obama est le nouveau leader de la course à l’investiture démocrate. Selon le site indépendant RealClearPolitics, il totaliserait 1231 délégués contre 1196 pour Hillary Clinton. De quoi maximiser le capital confiance du directeur de campagne d’Obama, David Plouffe, qui déclare : « Nous estimons qu’il est pratiquement impossible que la sénatrice Clinton l’emporte au nombre de délégués engagés. Le seul moyen pour y parvenir serait qu’elle remporte la majeure partie des votes restants avec une avance de 25 à 30 points ». Sous entendu chose inconcevable.

Si la course est loin d’être jouée, il est vrai que ces derniers résultats semblent inscrire un tournant dans la course à la Maison-Blanche. En effet, Barack Obama doit sa victoire à sa capacité à empiéter sur les territoires électoraux d’Hillary Clinton. Si les jeunes ont continué à lui faire confiance (80% contre 20% pour Clinton), Obama a surtout réussi à séduire et à convaincre les personnes âgées (53% contre 47%), et surtout les femmes (58% contre 43% pour sa rivale), deux catégories qui semblaient être la chasse gardée de la sénatrice de New-York. A l’approche de la Saint Valentin, ces dernières se sont peut être révélées d’humeur enjôleuse. Mais mieux, le candidat a presque fait jeu égal avec son adversaire chez les votants blancs (48% contre 51%), poussant à s’interroger si les États-Unis ne seraient-ils pas vraiment en train de changer. Fort de ce vent en poupe, Michelle Obama n’a pas hésité à se dire « prête à devenir la première First Lady noir de l’histoire », lors d’une interview donnée à Larry King pour CNN.

Hillary Clinton ira jusqu’au bout

Mais ces quelques revers n’ont pas entamé la détermination d’Hillary Clinton. Et afin que le camp Obama ne pavoise pas trop et reste sur ses gardes, les directeurs de campagne de la candidate ont d’ores et déjà annoncé « que même si après le 4 mars Clinton est à égalité avec Obama, elle veut continuer jusqu’au bout. Jimmy Carter a perdu 23 Etats mais a remporté la nomination. Seuls les délégués comptent et nous nous battrons jusqu’au bout pour les avoir ». Et, par délégués, le clan Clinton entend aussi super délégués. « Personne, les gars, ne sera capable de gagner la nomination sans les super délégués, soyons tous clairs là-dessus » s’est ainsi exclamé Mark Penn, directeur stratégique d’Hillary. À noter qu’après l’éviction dimanche de Patti Solis Doyle, directrice de campagne, c’est l’assistant chef, Mike Henry, qui a choisit de quitter le navire Clinton en présentant sa démission mardi soir. Enfin, plus anecdotique, mais tout de même prometteur sur le plan de la politique internationale en cas de succès d’Hillary Clinton, le président russe, Vladimir Poutine, a répondu à cette dernière. En effet, Hillary Clinton avait sous entendu lors d’un meeting au début du mois de janvier qu’en tant qu’ancien agent du KGB le dirigeant de la Russie ne pouvait pas avoir d’âme. Ce à quoi, Poutine a répliqué de son ton glacial tristement légendaire, « je pense qu’un responsable politique doit avoir, au moins, sa tête ». Un partout, balle au centre.

Pendant ce temps là, du côté républicain…

Toutefois, en ce jeudi 14 février 2008, l’actualité se trouve davantage du côté républicain. En effet, l’ancien candidat mormon, Mitt Romney, qui avait annoncé son retrait de l’investiture républicaine le 7 février dernier, a annoncé cet après midi à Boston qu’il endossait John McCain. Alors que le Washington Post vient de lancer un concours de suggestions afin de trouver un vice président au candidat républicain, Mitt Romney se positionnerait-il ? L’ancien sénateur du Massachussetts a récolté 291 délégués durant le début des primaires. Un apport qui pourrait permettre au sénateur de l’Arizona, déjà grand favori, de frôler les 1191 délégués indispensable pour décrocher la nomination. Mitt Romney avait expliqué son désistement par une soudaine conscience de parti. « Si je poursuivais la lutte (pour l’investiture) je retarderais le lancement d’une campagne nationale et rendrais plus vraisemblable une victoire de Clinton ou de Obama ». Une stratégie que les pontes du parti démocrate aimeraient à coup sur ressentir dans leurs rangs. Selon CBS News, Ted Kennedy, Al Gore, et John Kerry pousseront Hillary Clinton à abandonner si elle ne remporte pas l’une des primaires dans l’Ohio ou le Texas le 4 mars. Le vent tourne vite, et le rendez vous est donné.

Prochaines échéances pour les camps démocrates et républicains :

-19 février à Hawaï et dans le Wisconsin.

Nombre de délégués en jeu : 121 pour les Démocrates, 44 pour les Républicains

-4 mars dans l’Ohio, le Texas, le Vermont, et Rhode Island.

Nombre de délégués en jeu : 444 pour les Démocrates, et 247 pour les Républicains

 

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