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Le juge américain Stephen Breyer entre à l’Académie des sciences morales

Le juge américain Stephen Breyer, l’un des sages de la Cour suprême des Etats-Unis, a été installé lundi membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques, lors d’une séance solennelle où il a fait l’éloge de la persévérance pour défendre l’Etat de droit.

Le juge Breyer, féru de littérature et de philosophie française, a été élu membre de la prestigieuse Académie au fauteuil laissé vacant par le décès de l’archiduc d’Autriche Otto de Habsbourg, dont il a loué le “courage” et “l’opiniâtreté” pour “mieux lutter contre la tyrannie sous toutes ses formes”. Ce francophile de 74 ans, dont 18 passés à siéger aux côtés de ses huit pairs dans le temple de la justice américaine, rejoint ainsi les onze autres académiciens étrangers, parmi lesquels le cardinal Joseph Ratzinger (pape Benoît XVI), l’écrivain Ismaïl Kadaré ou l’ex-secrétaire général de l’ONU Javier Perez de Cuellar.

Dans son discours d’installation, prononcé sous la Coupole en présence de son épouse Joanna, de leur fille Chloe et de deux de leurs petits-enfants, M. Breyer a expliqué “à quel point le travail quotidien de chacun d’entre nous dépasse dorénavant le cadre des frontières nationales, exigeant désormais des juristes, d’autres spécialistes et des citoyens ordinaires de nos pays un effort commun pour défendre et faire avancer l’Etat de droit”.

Il a cité “la grande fragilité de l’économie internationale, l’imprévisibilité des mouvements de population, la méfiance envers les institutions” parmi les grandes menaces et s’est dit “particulièrement sensible à la menace de l’arbitraire”. “Le droit lutte contre cet arbitraire”, a-t-il souligné, insistant sur “la grande valeur de la persévérance” pour résoudre les problèmes majeurs. Le juge progressiste, nommé à la plus haute juridiction des Etats-Unis par le président démocrate Bill Clinton, a fait état de plus en plus d’affaires “dépassant le cadre des frontières américaines” à la Cour suprême (sept sur 80 cette année, contre une ou deux il y a 20 ans). “Ce phénomène affecte nécessairement le savoir et les connaissances que nous devons mobiliser pour bien trancher ces affaires”, a-t-il dit, citant les questions du droit d’auteur, du droit de la concurrence ou des droits fondamentaux des personnes aux prises avec la sécurité nationale.

 

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