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Le lourd bilan de la tempête Xynthia en France

Pompage des zones inondées, réparation de digues, demandes de reconnaissance de catastrophe naturelle: les communes les plus touchées par la tempête meurtrière Xynthia commençaient mardi à évaluer des dégâts encore très difficiles à chiffrer.

“C’est certainement un des drames les plus durs que nous ayons collectivement à vivre”, depuis la tempête de 1999, a déclaré mardi matin le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.

Dans le secteur de la Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer en Vendée, un nouveau corps a été retrouvé mardi matin, portant à 28 morts et trois disparus le bilan établi par la préfecture de Vendée. Le bilan humain de la catastrophe précédemment établi par la Sécurité civile s’élève à 51 victimes et huit disparus.

Plusieurs unités de pompage assurent un débit de quelque 8.000 m3/heure, alors que la météo est plus favorable, avec du soleil et un vent de terre. Il faudra plus de 3 jours pour résorber les inondations les plus importantes, selon les sapeurs-pompiers. La préfecture parle de 5 à 10 jours.

Les agriculteurs font aussi leur bilan. En Vendée, “les agriculteurs de six communes ont été très touchés, soit environ 150 exploitants, dont un tiers d’éleveurs de bétail” et “il y a de gros besoin”, a-t-on indiqué à la préfecture. Selon Jean-Paul Goutines, responsable FRSEA des Pays-de-Loire “4.500 hectares sont sous l’eau dans la région de l’Aiguillon-sur-mer”, mais aussi “2.000 hectares dans le marais breton” plus au nord, près de Challans.

En Charente-Maritime, le directeur FDSEA Charente-Maritime, Dominique Rainteau, estime que près de 40.000 hectares de terres agricoles ont été inondés sur l’ensemble du département, soit près de 10% de la surface utile cultivée.

En Loire-Atlantique, une trentaine de communes souhaiteraient bénéficier de l’état de catastrophe naturelle, selon la préfecture qui a demandé aux maires de déposer “rapidement” leur demande officielle.

L’eau a provoqué de gros dégâts à Pornic, à la Baule, au Pouliguen, dans les marais de Guérande ainsi qu’aux Moutiers-en-Retz, où une grande partie du bourg a été plongé sous 80 cm d’eau, et où une route de 2 kilomètres a été détruite, selon le préfecture.

Dans les Côtes d’Armor, 22 communes envisagent de déposer une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle, selon la préfecture. Outre de nombreux commerces et habitations, des routes et digues ont été fortement endommagées et des éboulements de falaises ont été observés.

Le Journal officiel de mardi publie la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour l’ensemble des communes des quatre départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne) frappées par “des inondations et coulées de boue”, ou des “inondations et chocs mécaniques liés à l’action des vagues”.

Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a proposé de son côté l’installation d’une “mission d’information parlementaire pluraliste” sur les raisons des dégâts provoqués par la tempête, dès la reprise des travaux du Parlement, le 23 mars, afin d'”analyser les causes” des dégâts humains et matériels provoqués.

Interrogé mardi matin sur les raisons pour lesquelles un ordre d’évacuation n’avait pas été donné avant la tempête à la Faute-sur-Mer, le préfet de Vendée Jean-Jacques Brota a répliqué qu’il était “très facile de donner des leçons après”.

Le préfet a répété le caractère “imprévisible” de la conjonction de facteurs qui ont conduit à une montée des eaux exceptionnelle.

 

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