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Le Maine célèbre la francophonie et ses Franco-Américains

Les Franco-Américains d’origine québécoise établis dans le Maine ont rendez-vous mercredi 25 mars pour célébrer la francophonie et leur héritage à Augusta, capitale de l’État du nord-est des États-Unis. Rencontre avec un couple qui s’apprête à être distingué pour son action pour la communauté.

Le 25 mars 2009, Mélanie Saucier, une jeune fille de 13 ans, entonnera La Marseillaise et les hymnes nationaux canadien et américain dans les couloirs du parlement de l’État du Maine, à l’occasion du Franco American Day. Cette journée est destinée à célébrer la francophonie dans un État où, il y a encore 50 ans, être d’origine française était un signe d’appartenance à une classe inférieure.

Le français ne porte plus le poids du passé. Les Franco-Américains revendiquent désormais leur héritage après s’être longtemps contraints à l’assimilation anglophone. Pendant les années 50 et 60, les élèves qui s’exprimaient dans leur langue maternelle se faisaient châtier par leurs enseignants et insulter par leurs camarades. Face à ces hostilités, certains parents ont cessé de transmettre la langue de Molière à leurs enfants, en pensant les protéger.

De plus en plus influente, la communauté franco-américaine fait désormais partie intégrante de l’histoire du Maine et dispose depuis huit ans d’une journée en son honneur. Pour l’occasion, Judy et Ross Paradis, un couple franco-américain originaire d’une petite commune, Frenchville, située près de la frontière canadienne, vont se rendre à Augusta. Ils y seront officiellement investis à la « Chambre des renommés » (ndlr, Hall of Fame),  une institution locale qui distingue les meilleurs contributeurs de la communauté francophone.

Ross Paradis, qui jongle parfaitement avec les deux langues, était parlementaire dans le Maine de 2000 à 2006. Il s’est battu pour l’instauration de cette journée de reconnaissance de la francophonie. Le couple encourage les jeunes de leur ville à parler leur langue maternelle et les parents à transmettre le français. « Beaucoup de jeunes parlent franglais », s’exclame Ross Paradis amusé. Il estime que les jeunes jouent un rôle crucial pour l’avenir de la langue et de la culture franco-américaine.

Rita Dube, directrice du Centre d’héritage franco-américain à Lewiston, qui fera également le déplacement pour l’événement, partage l’avis du couple. Pour le moment, les programmes du centre attirent essentiellement un public âgé. Parallèlement à un programme d’échange déjà existant entre jeunes Américains et jeunes Québécois, elle compte donc mettre en place des lectures qui seront menées par des jeunes et pour des jeunes.

Avec la crise économique, le centre, financé par des dons, prévoit des jours difficiles. « Nous allons sentir quand les donateurs se serreront la ceinture », estime Rita Dube. L’enseignement de la langue aux enfants n’est toutefois pas en voie de disparition. « La mission du centre est de transmettre nos traditions à la jeunesse et cela reste notre priorité », poursuit-elle.

Le couple franco-américain concentre désormais ses efforts sur un projet de loi destiné à instaurer l’enseignement de l’histoire franco-américaine et acadienne dans les écoles secondaires. Le parlementaire Brian Bolduc est à l’origine de cette initiative.

En attendant, Ross et Judy Paradis, qui gardent en mémoire les souvenirs de la discrimination d’antan, auront le plaisir d’entendre mercredi le français chanté et reconnu par tous les parlementaires. « Cela me touche profondément », déclare, ému, Ross Paradis.

 

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