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Le “ménage à trois” français amuse la presse américaine

A moins d’un mois du déplacement de François Hollande aux Etats-Unis, la presse américaine s’est penchée sur la personnalité du président et sa supposée relation avec Julie Gayet, entre ironie et analyse du traitement médiatique de l’affaire en France.

“Secret affair”, “cheating scandal”. Les journalistes américains n’ont retenu que les déclarations laconiques de François Hollande sur sa vie privée lors de la conférence de presse de ce mardi. Pas un mot, ou presque, sur le pacte de compétitivité ou les emplois d’avenir. Le New York Times n’a pas fait exception évoquant le “plus important discours” de François Hollande depuis sa prise de fonction  “devant une audience mondiale qui a suivi comme jamais la politique française”.

“Sex scandal? Mais non. This is France!”  écrit le Washington Post. Puis d’ajouter : “Aucun parmi les centaines de journalistes présents n’a levé la main pour demander si François Hollande allait démissionner.” Sans surprise, les médias américains se sont amusés qu’un tel scandale se déroule en France, pays où l’infidélité est – à les écouter – un sport national.

A coup de sondages et de micro-trottoirs dans les rues de Paris, les chaînes américaines ont rappelé que les Français sont moralement moins choqués par les relations extra-conjugales. “Cette affaire est incroyablement française. Un homme, une maîtresse et sa femme qui tombe en dépression”, s’amusaient les journalistes sur Fox News. “La France est le seul pays où moins de 50% des sondés affirment que l’infidélité est inacceptable” pouvait-on aussi lire dans la presse américaine.

Sans surprise, la plupart des journalistes américains constatent que le respect de la vie privée des politiciens français est plus sacré en France qu’aux Etats-Unis. “Les liaisons des politiciens français et leur demande de respect de la vie privée sont perçues comme plus acceptables qu’elles ne le sont en Amérique, qui a une approche plus puritaine” a notamment écrit le New York Times.

La France du ménage à trois

Les parallèles avec d’autres scandales ont été multiples dans la presse américaine. Sur CNN, on affirmait qu’un homme politique américain se retrouvant dans un tel imbroglio aurait déjà dû démissionner, prenant exemple sur Anthony Weiner. Sur CBS, on rappelait que la vie privée des présidents avait pris un premier coup dur lors de la publication des photos de François Mitterrand avec sa fille cachée en 1994. D’autres médias remontaient même jusqu’aux affaires extra-conjugales de Félix Faure et Napoléon pour justifier l’attitude blasée des Français devant cette affaire. Sur NPR, on s’amusait également à citer Jacques Chirac et son surnom connu du grand public “Monsieur 15 minutes” pour justifier le peu d’intérêt que portent les Français depuis toujours à la vie privée de leur président.

Outre le parallèle évident avec l’affaire Monica Lewinsky, les médias américains citaient entre autre les carrières politiques détruites des démocrates Gary Hart en 1987,  John Edwards en 2008, suite à des révélations sur leur infidélité. Mais pour Matthew Fraser, professeur à l’Université américaine de Paris, interrogé sur CNN, les relations extra-conjugales sont perçues si différemment en France que ce scandale pourrait servir François Hollande. “Cette distraction bienvenue (…) pourrait même l’aider dans les sondages”, juge-t-il.

Ce “ménage à trois” amuse depuis quelques jours les tabloïds américains, le New York Daily News et le New York Post en tête. Ce dernier titrait ce matin “Survivor : Elysée palace” (en référence à l’émission de télévision Survivor, l’équivalent de Koh Lanta en France). Parlant d’un “soap-opera national”, le quotidien américain a renchéri sur une rumeur, affirmant que selon une source proche du président, Julie Gayet serait enceinte. N’hésitant pas à parler au nom de Valérie Trierweiler, le quotidien affirme que la première dame veut absolument venir aux Etats-Unis et souhaite savoir si elle est toujours la compagne de François Hollande. Pour le New York Post, il s’agit tout simplement de la fin du “président normal”.

François Hollande emmènera-t-il son date aux Etats-Unis ?

Une question que se sont posée bien des médias américains, à moins d’un mois du déplacement de François Hollande aux Etats-Unis. Le président français est attendu le 11 février aux Etats-Unis pour une visite d’Etat, la plus élevée dans l’échelle du protocole. Dans un communiqué, la Maison Blanche a affirmé mardi qu’il n’y avait “pas de changement” au programme de la visite d’Etat de François Hollande. Quant à la question de savoir qui accompagnera le président français, le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney, a logiquement botté en touche. “Sur la question de la délégation française, je vous renvoie vers le gouvernement français”.

Plusieurs journaux américains ont rappelé que, lors de la venue de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis en 2007 pour des vacances, Cécilia Sarkozy n’avait pas dîné avec le couple Bush, prétextant une “angine blanche”. Le lendemain, elle avait été aperçue par des photographes en pleine forme, faisant du shopping, et posant, déjà à l’époque, des questions sur les problèmes conjugaux du couple présidentiel français.

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