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Le ministère de l’Identité nationale disparaît, les inquiétudes restent

Le ministère de l’Identité nationale, voulu par Nicolas Sarkozy et marqueur de sa politique, a disparu dans le remaniement du gouvernement, mais le portefeuille de l’Immigration est repris par Brice Hortefeux condamné pour injure raciale, provoquant la colère des associations.

M. Hortefeux a été nommé dimanche à la tête d’un ministère “de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration”, ce qui implique la fin du ministère de “l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Développement solidaire” qu’il avait dirigé de mai 2007 à janvier 2009, avant d’être remplacé par Eric Besson. En rattachant l’Immigration à l’Intérieur, le gouvernement “fait un lien entre immigration et insécurité”, a dénoncé auprès de l’AFP la député socialiste Sandrine Mazetier. Déjà, l’association “identité nationale” et “immigration” au sein d’un même ministère avait déclenché un tollé lors de l’élection de Nicolas Sarkozy, accusé de flirter avec l’extrême droite. La polémique avait enflé lorsque le transfuge socialiste Eric Besson, nouveau ministre de l’Immigration en 2009, lance un débat sur l’identité nationale, marqué par des débordements racistes et islamophobes. A l’époque, Eric Besson est “l’homme le plus haï de France”, selon la Une du magazine Marianne, et ses anciens camarades socialistes le comparent aux collaborateurs Pierre Laval, Adrien Marquet ou Marcel Déat.

Le débat est arrêté au bout de quelques mois par le Premier ministre François Fillon et “n’a pas apporté des voix à l’UMP mais au FN”, selon Mme Mazetier. Mais si le libellé “identité nationale” disparaît bien du portefeuille de M. Hortefeux, il ne s’agit qu’un d’un trompe-l’oeil, dénoncent des associations antiracistes. “Le remaniement gouvernemental a comporté une nouveauté ayant les apparences d’une bonne nouvelle et une réalité qui, avec certitude, constitue une inflexion inquiétante”, souligne le président de SOS Racisme, Dominique Sopo. Le collectif “Sos soutien o sanspapier” y voit “une véritable déclaration de guerre aux idéaux humanistes” de la France. “Le ministère de l’Identité nationale est simplement rebaptisé”, a renchéri le Conseil représentatif des Associations noires, en s’étonnant du “maintien de Brice Hortefeux au gouvernement”. Car ce fidèle du chef de l’Etat a été condamné pour injure raciale après des propos visant des personnes d’origine arabe tenus à l’université d’été de l’UMP en septembre 2009. Au ministère de l’Immigration, où il avait favorisé une “immigration choisie” afin de juguler une “immigration subie”, Brice Hortefeux a durci la politique d’éloignement, fustige France Terre d’Asile.

Le ministre a notamment fait adopter une loi prévoyant des tests ADN pour le regroupement familial, mais Eric Besson n’a jamais signé le décret d’application du texte. Les deux hommes se sont affrontés aussi sur le thème de la nationalité dont M. Hortefeux souhaitait déchoir les musulmans pratiquant la “polygamie de fait”. Une notion difficile à établir sur le plan juridique, avait rétorqué M. Besson soutenu par le président de la République. Incarnation des préoccupations sécuritaires de la majorité, Brice Hortefeux avait aussi donné une traduction réglementaire à la demande de Nicolas Sarkozy de démanteler les camps illicites de Roms, citoyens européen, et de les expulser. Une circulaire signée par son directeur de cabinet et ciblant nommément cette communauté avait déclenché cet été une crise avec l’Union européenne.

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