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Le Monde Diplomatique en vente chez l’Oncle Sam

Auparavant uniquement disponible sur abonnement aux Etats-Unis, Le Monde Diplomatique sera désormais en vente chez les marchands de journaux américains.

Pour célébrer cette nouvelle implantation du “Diplo”, déjà décliné en 30 langues et 51 éditions de par le monde, l’Alliance Française, le French-American Global Forum et la Fondation franco-américaine ont convié Serge Halimi, directeur de la rédaction du mensuel, à Washington pour un débat sur “l’égalité au niveau mondial”. A la tête d’un journal très critique envers le système capitaliste et ses excès, Serge Halimi n’a pas eu la langue dans sa poche face à Charles Kolb, président du Committee for Economic Development et Charles Kupchan, professeur de relations internationales à Georgetown.

Entre une croissance économique “au profit des 1%”, des pays dont “les marchés doivent être libres mais pas les peuples” et une souveraineté “retirée aux gouvernements en faveur de la finance”, le constat du Français est aussi radical que peu réjouissant. Sans concessions vis-à-vis de la classe politique et des instances internationales telles que le FMI, qu’il met dans le même sac, Serge Halimi voit toutefois dans les récents mouvements populaires (Occupy Wall Street, Indignés, révoltes arabes) des raisons d’espérer. “Le changement n’aura pas lieu sans combat, affirme-t-il, les forces sociales peuvent faire changer les choses, ce sont elles qui ont mis toutes ces problématiques en avant dans le débat.”

Déplorant l’omniprésence du “dogme libéral” dans les débats, le directeur du “Diplo” a aussi fustigé les intellectuels : “tous ceux qui avaient tort depuis des années en appelant à la dérégulation sont toujours là, à nous dire quoi faire dans les médias dominants et sur leurs blogs. Rien n’a changé, la domination intellectuelle est restée la même”. On ne sait si les oreilles de ses deux interlocuteurs ont sifflé, mais force est de constater que les analyses de ces derniers, pourtant de bords politiques opposés, sont assez semblables, Charles Kolb affirmant que “le problème actuel est politique et non économique”, pendant que Charles Kupchan considère le libre-échangisme comme le “meilleur système”.

Résolument antilibéral, c’est peu de dire que, aux Etats-Unis plus qu’ailleurs, Le Monde Diplomatique n’est pas en terrain conquis dans le débat politique.

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