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Le New York d’Alain Ducasse

Prenez un géant de la gastronomie française et plongez-le dans la plus mythique et alléchante des métropoles. Placez à ses côtés un photographe de talent et vous obtiendrez 600 pages d’un voyage culinaire au cours duquel Alain Ducasse a répertorié, et Pierre Monetta superbement illustré, ses 150 adresses new-yorkaises préférées.

Restaurants chics, petits delis et épiceries, les quatre coins de la Grosse Pomme sont passés au crible du maître, qui accorde of course une place de choix à la cuisine hexagonale. Au nord de Manhattan, celui qui décrocha trois fois trois étoiles au Guide Michelin rend visite à ses pairs, les membres du club très select des toques françaises de New York. Dans l’Upper East Side, il casse la croûte avec le grand Daniel Boulud, puis traverse Central Park pour s’attabler chez Jean-Georges Vongerichten. Ils papotent autour d’un ris de veau braisé à la réglisse mais déjà, à travers les grandes fenêtres de ce grand restaurant, Ducasse lorgne vers le grouillant Midtown.

On descend avec lui quelques blocs pour faire une halte à La Grenouille, un élégant et traditionnel restaurant familial où Charles Masson concocte queues de bœuf et soufflés au chocolat dans les plus grandes règles de l’art. Impossible de traverser Midtown sans faire un détour par chez Benoit, qui excelle au rayon des grands classiques – quenelle de brochet, cassoulet – tandis qu’au bar, c’est brandade de morue et œufs mayo. L’adepte de cuisine de terroir ne manque pas de saluer Christian Delouvrier, à La Mangeoire, où les escargots aux tomates confites à l’ail font les beaux jours de cette brasserie incontournable de Midtown East.

Une fois atteint le sud de l’île, le chef-vedette poursuit le périple au Balthazar, une brasserie parisienne à la new-yorkaise. On s’installe avec lui sur une banquette de cuir bordeaux qui rappelle les sièges du métro pour un poulet rôti et ses légumes dorés. De Soho, on remonte au nord vers le West Village pour frimer au très branché Café Gitane de l’Hôtel Jane, une cantine de style marocain retapée à la mode de l’époque coloniale française. Devant la pyramide de couscous et les irrésistibles sandwiches de pain aux céréales, à l’avocat et au piment, on se prend à rêver de Méditerranée.

Mais c’est dans l’East Village que Ducasse achève son périple francophile. Lumière sur le DGBG Kitchen & Bar, où on fait une ultime étape pour, au choix, une andouille de Louisiane au gombo ou une merguez et ses épinards au citron et à la menthe de Tunis. Réjouissances réservées à ceux à qui il resterait encore des forces – et  surtout de l’appétit. Les autres se désaltéreront avec un simple demi de bière, traditionnellement servi à la pression.

J’aime New York, paru chez Alain Ducasse Edition.

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